Trump, ennemi d’Israël ?
- Tuviaski

- 7 juin
- 4 min de lecture
Depuis quelques jours, les voix s’élèvent en Israël pour s’interroger sur l’amitié de Trump envers l’état hébreu. Les médias arabes quant à eux se félicitent d’un supposé retournement de veste du fantasque président américain.
Que pensez de cette situation ?
Il faut remonter à la visite de Trump en Arabie Saoudite, à la mi-mai pour comprendre cette situation. Lors d’une visite diplomatique auprès de l’allié saoudien du prince héritier Ben Salman, Trump a marqué son séjour d’un discours central marquant considérablement les esprits et qui fera sûrement date à l’image du discours du Caire d’Obama en 2009.
Lors de ce discours, Trump a annoncé sa volonté de collaboration commerciale et diplomatique dans un Moyen Orient pacifié et débarrassé de l’extrémisme qui marque cette région. En ce sens, Trump s’est montré pragmatique face à la situation mondiale actuelle multipolaire (plusieurs pays importants collaborent et se font concurrence sans qu’il y ait une hégémonie d’un pays comme ces dernières années (USA) ou pendant la guerre froide avec deux blocs).
Dans ce système, les Etats-Unis sont un de ces pays les plus importants et influents sans être impérial. Trump a bien compris que son pays est sur le déclin et qu’il ne peut se montrer hégémonique comme par le passé en s’immisçant dans les affaires de chaque pays.
Cela signifie-t-il que les Etats-Unis vont se désengager de certaines régions du monde, pour se concentrer sur la Chine par exemple ? Non bien sûr. En réalité, Trump souhaite conserver la puissance américaine dans le monde en étant réaliste sur ses moyens et en laissant ainsi une plus grande marge de manœuvre à ses alliés. Ainsi, pour les pays arabes, il n’y a plus une volonté américaine d’imposer la démocratie mais de laisser les pouvoirs en place, à l’image de la royauté et du système tribal saoudien.
Rapprochement pro-arabe ?
Lors de son voyage au Moyen Orient, Trump s’est montré très favorable à une suspension des sanctions sur la Syrie tant que le nouveau gouvernement syrien en partie ex-djihadiste montre des signes d’ouverture, notamment en avançant sur un rapprochement avec Israël et une potentielle normalisation des relations (accords d’Abraham).
Outre ce discours, Trump a évoqué la situation à Gaza à plusieurs reprises, montrant des signes d’impatience envers Netanyahou qui poursuit la guerre à Gaza.
La guerre déclenchée le 7 octobre 2023 empêche en effet le président américain d’avancer sur son plan de pacification diplomatico-économique du Moyen Orient comme évoqué précédemment, qui poursuit la dynamique entamée lors de son premier mandat avec les accords d’Abraham.
Et dans ce scénario le grand méchant qui empêche la réalisation d’un tel plan est Netanyahou qui se montre jusqu’au boutiste envers le Hamas. En effet, la guerre empêche les pays arabes même ceux qui sont proches d’Israël d’avancer en direction d’une normalisation ou d’améliorations de relations, à l’instar de l’Arabie Saoudite.
Rappelons-le, il s’agissait du plan du Hamas de faire échouer ces accords d’Abraham qui marginalise la « cause palestinienne » au profit d’une entente israélo-arabe sur des questions économiques, diplomatiques et sécuritaires, envers l’Iran et la Turquie notamment.
Depuis le début de la guerre, le prince héritier saoudien Ben Salman a d’ailleurs été obligé de prendre position pour le peuple palestinien (bien que très modérée et de façade) afin de contenter une rue arabe encore assez acquise à la « Palestine » après des décennies de propagande médiatico-religieuse.
Même les Emirats, très proches d’Israël avant la guerre, ont dû prendre leurs distances et ralentir leurs échanges avec l’état hébreu.
En somme, Israël a fait le choix de s’occuper d’une priorité nationale (sa sécurité) au détriment de sa diplomatie.
Si sur le plan militaire l’état hébreu a réalisé plusieurs de ses objectifs stratégiques (affaiblir l’axe iranien au Liban, Syrie, Irak, Yémen, contrôle sécuritaire des territoires palestiniens fortement marqués par le terrorisme, contrôle et avancée dans Gaza face aux milices gazaouies…), sur le plan diplomatique, le 7 octobre est une petite victoire pour le Hamas qui a retardé le rapprochement israélo-arabe, à l’arrêt depuis le début de la guerre.
Dans ce contexte, la position de Trump se montrant impatient envers Israël peut s’expliquer ainsi : en façade, Trump prend ses distances avec Israël pour préparer le Moyen Orient de demain (après-guerre à Gaza).
Défendre à tout prix Netanyahou politiquement n’apportera rien à Trump tant que la guerre durera, tandis qu’une préparation d’un deuxième volet des accords d’Abraham pourrait accélérer considérablement les choses, surtout si dans quelques mois la situation à Gaza se stabilise après l’avancée d’Israël contre un Hamas exsangue et de plus en plus limité militairement (recrutement d’adolescents non-formés, arsenal de missiles et roquettes quasiment décimé, milices concurrentes potentiellement aidées par Israël…).
A Gaza, Trump veut aider environ 1 million de palestiniens à émigrer pour permettre une reconstruction de Gaza avec l’aide des pays arabes et en imposant une gouvernance autre que le Hamas (Autorité palestinienne avec Mohammed Dahlan ?).
Pour résumé, le plan de Trump de remodeler le Moyen Orient est ambitieux mais pourrait consolider le rapprochement israélo-arabe une fois la guerre terminée. La normalisation avec l’Arabie Saoudite est déjà sur de très bonnes voies et serait sûrement déjà en place si la guerre n’avait pas éclaté en 2023. Le royaume saoudien souhaite se moderniser et dans cette vision, un partenariat est indispensable avec Israël, notamment vis à vis d’une menace iranienne toujours présente.
La prise de distance avec Israël de Trump fait sûrement partie d’une logique réaliste diplomatique considérant qu’il n’y a aucun avantage à soutenir outre mesure Netanyahou politiquement en façade, lui permettant cependant de poursuivre la guerre tout en l’aidant de fait (logistique militaire et renseignements notamment).
Un petit mot sur l’Iran justement : Trump souhaite amener l’Iran à la table des négociations pour parvenir à un accord sur le nucléaire. En cas d’échec, Trump pourrait autoriser Israël à attaquer les infrastructures nucléaires (dernier recours cependant). Trump l’a démontré lors de son premier mandat : il est un businessman et non un militaire, il déteste les actions militaires. Cette solution militaire ne sera actionnée que si l’Iran reste définitivement sur ses positions.






Très intéressant, et avec le recul, on comprend que Trump préparait en sous-main, avec Netanyahou, l'attaque de ce matin (dans la nuit) en Iran. Mais une fois encore, peu importe les pensées des hommes, seule la pensée et l'action de Dieu comptent. Nous ne pouvons nous fier qu'à lui. Israël doit absolument reconquérir et réannexer Gaza, déchirer les Accords d'Oslo, oublier les remontrances internationales et se rapprocher de Dieu.
Abraham aurait-il été favorable à ces Accords ?🤔
Shalom à tous
Merci pour votre article éclairant.
Israël continue à s'occuper de sa sécurité et de contrôler les territoires ou sévit les terroristes ,et il a raison .
Que pensez vous des réactions européennes et occidentales qui deviennent de plus en plus dingues envers Israël ? Peut-il y avoir un impact pour la suite ?
Voici, il ne sommeille ni ne dort,
Celui qui garde Israël .
Ps 121.4
Shalom