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Les territoires disputés : à qui appartiennent-ils ?

Les territoires disputés : à qui appartiennent-ils ?

(Par Jean-Marc Thobois, Keren n°88 en 2011)

 

 

Il n’est pas de jour sans que les médias ne fustigent « l’occupation israélienne des terres arabes » et la présence des « colonies » dans les « territoires occupés ».


 

Ces « colonies » sont revenues à la une de l’actualité quand, dès son arrivée au pouvoir, le président Obama a déclaré que ces colonies étaient le principal obstacle à la paix. Quant aux « colons », ils sont pour les médias l’incarnation même du diable, on va même jusqu’à préconiser le boycott des produits cultivés dans ces « colonies ».


 

Quelle doit être la position du chrétien à ce sujet ?

 

Que dit la Bible ?

 

Dès les premières pages du livre de la Genèse, la Bible nous montre Abraham quittant Hur en Chaldée pour se rendre dans le pays de Canaan, où sa première étape est Sichem, au cœur des montagnes de Samarie, (aujourd'hui Naplouse).


Là, Dieu lui promet de lui donner ce pays, à lui et à sa descendance, pour toujours. En réponse à cette promesse, Abraham bâtit un autel, c'est-à-dire qu’il consacre cette région à l'Eternel. Dans l'Antiquité, les autels faisaient fonction de bornes-frontières.


 Lorsqu'on voyait un autel dédié à une divinité, on savait que ce pays appartenait à cette divinité et donc au peuple qui l’adorait. En dressant un autel à l'Éternel, Abraham manifeste que ce pays appartient à l'Eternel et à ses adorateurs : ses descendants.



Puis, Abraham parcourt le pays en tous sens, selon l'ordre de Dieu, ce qui est une autre manière d'en prendre possession, comme Dieu le dira plus tard à Josué : « Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous le donne ». C'est ainsi qu'Abraham arrive à Béthel, près de Ramallah actuelle. Là, même scénario, Dieu renouvelle dans cette ville ses promesses et Abraham lui dresse un second autel.

 

La troisième étape des pérégrinations d’Abraham est Hébron, au cœur de la montagne de Juda. C’est de là qu'il organise une expédition militaire contre les rois du nord qui ont enlevé son neveu Loth et qu'il poursuit jusqu'à Dan et Damas (frontière nord du pays à l'époque historique).

C'est, pour le livre de la Genèse, une manière de nous dire qu’Abraham s'est emparé de tout le pays par droit de conquête militaire, droit que l'on reconnaît à tous les États jusqu'à nos jours, sauf à Israël.


 Enfin, c'est à Hébron qu'il achète à prix d'argent la caverne de Mackpéla comme propriété  septurale pour lui et pour tous ses descendants. La Bible insiste longuement sur cette transaction qui signifie qu’Israël, en la personne d'Abraham, a acquis des droits sur ce pays par des transactions foncières, dûment répertoriées, comme l'ont fait les Israéliens lors du retour dans leur pays.

 

Ces 3 villes, Sichem, Béthel et Hébron, en passant par Salem (Jérusalem) où règne Melchisédech, représente l'épine dorsale du pays d'Israël. C'est-à-dire de la chaîne de montagnes qui va du Nord au Sud et qui en constitue une région stratégique essentielle : les montagnes de Judée Samarie.

 

De nos jours encore, la route qui suit la ligne des crêtes du Nord au Sud et qui relie ces 3 cités porte le nom de route des patriarches. C'est une des 3 routes stratégiques essentielles du pays. Deux générations plus tard, quand Jacob revient de chez Laban après être devenu Israël, sa première étape est aussi Sichem où Dieu lui apparaît et lui renouvelle les promesses qu'il a faites dans le même lieu à son grand-père Abraham.


Comme ce dernier, Jacob construit un autel. De là, il se rend à Béthel où Dieu lui est apparu lors de son départ, dans la fameuse vision de l'échelle, en lui disant : « la terre sur laquelle tu es couchée, je te la donne ». A nouveau, Dieu lui apparaît et lui renouvelle ses mêmes promesses, et Jacob dresse aussi un autel. Enfin, Jacob rejoint son père Isaac à Hébron et Beer Sheva. En d'autres termes, Jacob réédite la conquête spirituelle du pays qu'avait déjà effectué son grand-père Abraham. Le livre de la Genèse, notamment, s'arrête longuement sur ces détails.


Un des buts essentiels de ce livre est d'affirmer et de justifier les droits éternels des descendants des patriarches à posséder le pays, et notamment, ce qui en fait le cœur, les montagnes de Judée Samarie. Ces montagnes sont les premières régions conquises par Josué et les tribus qui arrivent du désert, c'est-à-dire de l'est.


Après la chute de Jéricho qui leur ouvre l'intérieur du pays, les Israélites s'emparent d’Aï et de Béthel, puis des montagnes de Juda, dont Hébron est la capitale. Enfin, l'épopée de la conquête s'achève à Sichem où à lieu l'assemblée solennelle des tribus, où Josué se démet de ses fonctions.


Il déclare néanmoins que le pays à conquérir est encore vaste. Israël occupe essentiellement les montagnes de Samarie et de Judée au terme de cette première phase de la conquête. Mais les plaines sont encore pour l'essentiel aux mains des cananéens, qui empêchent les Israélites de s'en emparer grâce à leurs chars de combat.


Il faudra attendre le règne de David pour que la conquête du pays soit totale. En attendant, la région des montagnes de Judée Samarie sera le cœur du peuplement israélite et le restera jusqu'à la déportation à Babylone.


Cette région est en fait une forteresse naturelle quasi inexpugnable, qui donne à ceux qui la contrôlent un avantage stratégique décisif. Encore de nos jours, qui contrôle la montagne, contrôle le pays tout entier.


C'est la possession de cette forteresse naturelle qui a permis à Israël de tenir tête à ses ennemis plus puissants, plus nombreux et mieux armés que lui.


Lors des conflits entre les grandes puissances, l'Égypte et la Syrie qui marquèrent la fin de l'époque du premier temple, les 2 empires antagonistes firent du pays d'Israël le théâtre de leur combat, notamment pour le contrôle des routes qui traversaient les plaines. C'est pourquoi les prophètes conseillèrent à Israël puis à Juda, de rester en dehors de ces conflits en adoptant une position de neutralité et en abandonnant aux grandes puissances les plaines qui passaient au pied des montagnes.



 Israël, selon les prophètes, auraient dû devenir la Suisse du Moyen-Orient en se retirant dans ces montagnes, trop pauvres pour attirer la convoitise des grandes puissances.

Pour avoir négligé ces sages conseils et s'être obstiné à se mêler à la politique des grandes puissances, Israël puis Juda finiront par être détruites et déportés.


Lors du retour de l'exil à Babylone, à nouveau, le cœur des montagnes autour de Jérusalem devient le centre du second État juif. C'est autour de ce centre qu'il va grandir peu à peu, même si au Nord, un conflit éclate avec les Samaritains, groupés autour de Sichem, et qui n'ont pas accepté le retour des Juifs à Jérusalem.


 La présence des Juifs au cœur de la montagne va jouer à nouveau en leur faveur au second siècle avant Jésus-Christ, lors de la révolte des hasmonéens contre les Syriens. Grâce à leur position stratégique exceptionnelle, une poignée de défenseurs mal armés, mal équipés viendra à bout de la plus grande armée de l'époque, l'armée syrienne.


 En 66 après Jésus-Christ, les zélotes croiront pouvoir rééditer contre l'armée romaine les exploits des hasmonéens contre les armées syriennes. Après avoir tendu une embuscade dans les montées vers Jérusalem, les zélotes parviendront à détruire les légions du gouverneur Romain Questius Gallus.


 Hélas, le poids de l'empire Romain finira par avoir raison de l'obstination et de la bravoure du peuple juif.


En 1799, lors de l'expédition d'Orient, Bonaparte se souviendra de cet épisode alors qu'il longeait la plaine côtière non loin de Jaffa. Ses généraux lui suggérèrent de monter contre Jérusalem. La réponse de Bonaparte fut péremptoire : « je ne veux pas, dit-il, connaître la mésaventure de Questius Gallus ».


 Napoléon était trop fin stratège pour se laisser attirer dans une pareille masse. Lorsque les Juifs revinrent dans leur pays, au début du siècle dernier, la situation fut totalement inversée par rapport à leurs ancêtres.


Venant de la mer, ils s'établirent essentiellement dans les plaines, tandis que les Arabes occupaient les montagnes. Cet état de fait aurait dû jouer en faveur des Arabes lors des guerres de 1948 comme dans celles de 1967.


Le partage décidé par l'ONU prévoyait que les montagnes de Judée Samarie constitueraient le cœur de l'État arabe. Bien qu’ayant réussi à bloquer l'offensive de leur adversaire lors de la guerre d'indépendance en 1948, les Juifs ne parvinrent pas à pénétrer dans la montagne. Dès lors, les montagnes de Judée Samarie devenues « Juden rein », c'est-à-dire vide de Juifs, bien loin de devenir l'État arabe qui était envisagé, fut tout simplement annexé à l'émirat de Transjordanie qui devint alors le Royaume hachémite de Jordanie.

 

Cette annexion contre laquelle nul ne protesta ne fut reconnue que par la Grande-Bretagne, patron de la Jordanie, et par le Pakistan de telle sorte que pendant 19 ans, de 1948 à 1967, le Royaume de Jordanie occupa illégalement ces territoires au regard du droit international.

 

En fait, ces territoires n'appartenaient à personne et leur statut restait indéfini. Tout changea en 1967 quand Israël, à l'issue de la guerre des 6 jours s’empara de la Judée Samarie appelée par les Jordaniens « Cisjordanie », revenant ainsi au cœur de son ancienne patrie historique.

Israël décida de garder ces territoires comme monnaie d'échange dans la perspective d'éventuels accords de paix. En 1977, devant le refus arabe de tout accord, Israël entrepris l'établissement d'implantations.


Le but étant aussi de créer une présence juive qui garantirait que, dans la perspective d'un accord de paix futur, l'élément qui contrôlerait le sommet des montagnes ne serait pas un élément hostile.



Aujourd'hui, le peuple d'Israël a donc fait usage de son droit au retour que lui garantissait la Bible depuis l'époque de la Genèse. Les prophètes avaient aussi annoncé ce retour.

« Tu planteras encore des vignes dans les montagnes de Samarie », disait le prophète Jérémie ou encore ailleurs « revient vierge d'Israël, dans ces villes qui sont à toi ».

À l'heure où nous écrivons ces lignes, les descendants des dix tribus perdues d'Israël qui habitaient cette région à l'époque biblique, sont en train de revenir dans ces villes qui sont à eux, selon les paroles du prophète.


Dans le chapitre 36 de son livre, le prophète Ézéchiel s'en prend aux nations qui ont dit : «  ces hauteurs éternelles sont devenues notre propriété » et déclare que malgré l'opposition de ces nations, Israël possédera ses montagnes et leur redonnera vie, ce qui est le cas aujourd'hui.

 

 Israël a-t-il donc le droit de s'établir dans ces régions ?

 

À coup sûr !


·        D'abord, et c'est essentiel, parce que la Bible lui garantit ce droit dès les origines, comme nous l'avons montré.

·        Parce qu'Israël possède sur ces régions des droits historiques indiscutables, puisque ces montagnes furent le cœur des 2 royaumes juifs.

·        Parce qu’Israël s'est emparé de ces territoires qui juridiquement n'appartenaient à personne dans une guerre où il a été agressé, la guerre des 6 jours.

·        Parce que ces implantations ont été établies dans des endroits désertiques qui ont été achetés au prix juste à des propriétaires arabes qui les ont vendus, ou sur des terres domaniales qui étaient propriété de l'État jordanien. Contrairement à ce que prétend une certaine propagande, il n'y a pas eu d'expropriation.


 

Et les Arabes dans tout cela ? Diront certains

 

 Diverses solutions sont possibles. Les accords de Camp David de 2000 prévoyaient l'annexion par Israël de ces régions peuplées en majorité de juifs, en échange de quoi Israël rétrocéderait à l'État palestinien une superficie équivalente à celle qui leur est annexée du territoire israélien, peuplé en majorité d'Arabes.


Il est intéressant de noter que ces Arabes israéliens ont refusé tout net de devenir citoyens du futur État palestinien.


On pourrait aussi envisager que, de même qu'il y ait une importante minorité arabe qui vit en Israël, il  pourrait y avoir une minorité de juifs qui vivent dans l'État palestinien. Mais de cela, les Arabes ne veulent pas en entendre parler.

 

Pour eux, leur État doit être vide de juifs, ceux qui ont l'admettra, ressemble étrangement aux conceptions nazies d'Adolf Hitler.


Quoi qu'il en soit, pour un chrétien, il est indiscutable que la présence juive dans ces régions n'a rien d'illégal.


Ces territoires ne sont pas territoires occupés, tout au plus sont-ils territoires disputés. D'un côté comme de l'autre, il faut prendre en compte les droits de l'autre parti. Et si, bien évidemment, les Juifs doivent prendre en compte les droits des Arabes qui habitent cette région, les Arabes de leur côté, doivent aussi tenir compte des droits des juifs, qui ne sauraient être mis en cause.

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3 commentaires


Jean Wolga
Jean Wolga
26 sept.

L'Eternel fit la 1ère promesse de la terre à Abram aux "chênes de Moré" (Elon Moreh en hébreu) près de Sichem (Genèse 12:6-7). Un village juif nommé Elon Moreh s'y trouve actuellement, et nous avons eu le privilège de nous y arrêter avec notre groupe en 2021 lorsque la région était calme, mais Naplouse est devenu un fief du Hamas en Samarie.

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Jean Wolga
Jean Wolga
26 sept.

L'article dit que "Abraham s'est emparé de tout le pays par droit de conquête militaire, droit que l'on reconnaît à tous les États jusqu'à nos jours, sauf à Israël." En fait le droit de conquête militaire ne s'applique pas à un pays agresseur, comme l'est la Russie vis-à-vis de l'Ukraine, mais à un pays agressé comme l'a toujours été Israël, et qui conquiert des territoires en se défendant, et ce fut le cas d'Israël au cours de la guerre d'indépendance de 1948-49 ou de la guerre des 6 jours de juin 1967.

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md94
25 sept.

Article très intéressant, même si la conclusion sonne un peu creux 14 ans plus tard : il est HORS DE QUESTION d'accorder quoi que ce soit aux Arabes, encore moins un Etat. Après ce qu'ils ont fait le 7 octobre (j'exclus les Arabes israéliens), ils ont perdu A JAMAIS le droit ne serait-ce que de demander un Etat. Il ne leur reste qu'à se taire, obéir, suivre les directives de Tsahal et éventuellement partir... Dieu nous en garde, il n'y aura jamais d'Etat palestinien. Soit les Arabes "palestiniens" vivront au milieu d'Israël comme les Druzes ou les Bédouins, soit ils partiront ailleurs, c'est aussi simple que ça.

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