L'histoire sous nos yeux
- Tuviaski

- 22 juin
- 6 min de lecture
Verset 24 du Livre des Nombres : « Voici un peuple qui se lèvera comme une lionne, qui se dressera comme un lion. Il ne se couche pas avant d’avoir dévoré sa proie et bu le sang des blessés. »
Tous surpris, tous stupéfaits. Après une semaine de conflit entre Israël et l’Iran, nous ne mesurons pas encore l’importance des temps que nous vivons. Ces derniers jours me font penser aux premières heures du Covid, où les informations commençaient à tourner en boucle sur ce sujet sans que nous prenions véritablement conscience que ces moments resteraient à toujours historiques.
Nous annonçons depuis des décennies maintenant, dans ces colonnes (au moins depuis l’arrivée à la tête de l’Iran d’Ahmadinejad en 2008), que l’Iran fait peser sur Israël une menace existentielle par le développement de son arsenal nucléaire.
Que ce soit Jean-Marc Thobois, Pierre-David ou moi-même, nous avons écrit des dizaines d’articles sur la sécurité de l’état hébreu et sa dimension eschatologique (Gog et Magog). Certes, il est difficile et même impossible d’y voir un « programme » clair dans le déroulement des événements de la fin. Néanmoins, nos yeux sont tournés vers Jérusalem, véritable « horloge » de Dieu.
Et un jour de l’automne 2023, des milliers de gazaouis - pour beaucoup en tongs - ont attaqué le pourtour israélien de Gaza.
Ce jour douloureux ressemble à ce processus de l’accouchement où les douleurs font place à la joie et à la glorification de Dieu pour la situation nouvelle.
En l’occurrence, après un an et demi de conflit à Gaza, au Liban, en Syrie, en Judée Samarie, au Yémen et désormais en Iran, Israël a mis au sol l’axe pro-iranien qui faisait peser une réelle menace sur sa sécurité à divers degrés.
Bien sûr, la menace n’est pas totalement écartée et subsiste, mais l’essentiel de la force vive du Hamas, du Hezbollah, des Houthis et désormais du régime des mollahs iraniens n’est plus, ou du moins est réduite à une peau de chagrin.
Il serait bien évidemment tragique de ne pas voir derrière tout cela la main de Dieu pour nous, croyants, la manière dont les choses se sont déroulées étant totalement surprenante et déroutante.
La semaine dernière, quelques 200 avions de guerre israéliens ont réalisé un exploit en menant une opération massive de bombardements des infrastructures militaires (anti aériennes, renseignements…) et civiles (centrales électriques, usines nucléaires…) en Iran.
En quelques heures, l’un des plus grands pays de la région (80 militions d’habitants) a été mis à genoux par un petit pays situé à quelques milliers de kilomètres : une grande première dans l’histoire de la guerre !
Grâce à de nombreux agents iraniens au service d’Israël et à la présence massive du Mossad dans la région (Azerbaïdjan, Irak et Iran bien sûr), Tsahal a pu empêcher le régime de Téhéran de répliquer, en éliminant notamment les principaux leaders du régime et de l’axe iranien.
Certaines allégations affirment que l’Iran était en passe d’avoir l’arme atomique, d’autres qu’il possédait entre 5 et 10 bombes nucléaires (sans vecteurs pour les lancer cependant).
Toujours est-il que le moment était critique et que la détermination du régime iranien à se doter d’armes nucléaires n’est pas nouveau ni une surprise (cela ne sert à rien d’enrichir l’uranium au-delà de 3-4 % pour le domaine civil) .
Nous avions écrit au sujet de la position de Trump, qui semblait s’éloigner d’Israël, jouant le rôle du « gentil » qui invite diplomatiquement l’Iran à revenir négocier sur le sujet du nucléaire (ce que l’Iran a refusé) et semblant rester distant dans les premières heures du conflit avec Israël.
La nuit du 21 au 22 juin nous a prouvé le contraire : dans différents messages plus ou moins conventionnels, l’administration Trump a démontré sa proximité avec l’état hébreu en se référant à Dieu et à la Bible. Dans le même temps, dans les actes, des bombardiers B-2 furtifs américains ont traversé le globe pour aller frapper les installations nucléaires iraniennes enterrées sous plusieurs dizaines de mètres de béton armé, dans une entreprise technique jamais atteinte dans l’histoire militaire.
Le 22 juin au matin, le monde se réveillait avec un régime théocratique iranien désarmé de son programme nucléaire.
Cette entrée en guerre fracassante américaine risque de provoquer quelques secousses, au moins au Moyen Orient où l’axe iranien reste répandu.
L’Iran a d’ailleurs très vite répliqué, frappant Israël durement, faisant une centaine de blessés et détruisant de nombreux immeubles (9 000 logements sont à ce jour inhabitables...).
Si l’on prend un peu de hauteur par rapport à ces informations de terrain, nous pouvons sentir que ces choses dépassent les simples remous de l’Histoire et que cela bouleverse en profondeur le monde que nous connaissons, dans une perspective eschatologique que l’on sent très prégnante sans la comprendre exactement non plus.
En effet, si la guerre de Gog et Magog des temps de la fin fait référence à une coalition de pays s’alliant contre Israël, la temporalité et les détails de ces instants nous sont obscurs, d’où les diverses hypothèses (nous en avons évoquées plusieurs dans nos colonnes ces dernières années, d’ailleurs) sur le sujet.
Loin de nous l’idée de présenter une chronologie exacte des temps de la fin, dont, en soi, la Parole de Dieu nous donne un cadre, sans être précis dans les détails (ou avec des éléments se contredisant, dans des chronologies se contredisant…).
Ainsi, nous ne ferons ici aucune projection sur l’avenir qui nous attend et qui attend « l’horloge de Dieu » Israël : nous nous contenterons d’affirmer que ces temps sont historiques et un véritable rebondissement dans la temporalité des Temps (image de la gazelle qui disparaît et réapparaît soudainement dans sa course à flanc de montagne).
C’est d’ailleurs un autre sujet d’inquiétude : le monde évangélique semble tellement loin de ses racines et de son « horloge » que ces événements paraissent anodins et semblent passer sous les radars pour beaucoup de chrétiens.
Le 7 octobre 2023 avait réveillé de nombreux chrétiens, les recentrant sur Israël suite aux massacres qui ont provoqué une logique émotion. Or, cette émotion estompée, les prédications sur Israël, les temps de la fin et le retour du Messie se sont faites plus rares...
Or, il y a en ce moment plus que le 7 octobre : telle la statue du rêve de Nebucanetsar, une petite pierre est venue taper dans les pieds d’argile de cette statue majestueuse et l'a fait chuter avec fracas. Dieu est intervenu, ces derniers mois, pour faire chuter la menace iranienne et ses milices, en terminant de faire chuter cette statue ce dimanche, par un coup dont le régime totalitaire pourra difficilement se remettre.
Israël a choisi, comme nom de code de son opération en Iran, un terme directement issu du chapitre 24 des Nombres (« Lion se levant »), dans un contexte où Balam bénit Israël, bien qu’appelé par le roi Balak à maudire le peuple hébreu.
Comme pour nous rappeler, dans un clin d’œil de Dieu, la réminiscence de son alliance avec ce peuple dont nous tirons nos racines et qui garde une relation si particulière avec Adonaï.
Voici, pour finir, un extrait de Nombres 24 :
« Balaam vit que l'Éternel trouvait bon de bénir Israël, et il n'alla point comme les autres fois, à la rencontre des enchantements ; mais il tourna son visage du côté du désert. Balaam leva les yeux, et vit Israël campé selon ses tribus.
Alors, l'esprit de Dieu fut sur lui. Balaam prononça son oracle, et dit : Parole de Balaam, fils de Beor, Parole de l'homme qui a l'œil ouvert, Parole de celui qui entend les paroles de Dieu, De celui qui voit la vision du Tout Puissant,
De celui qui se prosterne et dont les yeux s'ouvrent. Qu'elles sont belles, tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël! Elles s'étendent comme des vallées,
Comme des jardins près d'un fleuve,
Comme des aloès que l'Éternel a plantés, Comme des cèdres le long des eaux. L'eau coule de ses seaux, Et sa semence est fécondée par d'abondantes eaux.
Son roi s'élève au-dessus d'Agag, Et son royaume devient puissant. Dieu l'a fait sortir d'Égypte, Il est pour lui comme la vigueur du buffle.
Il dévore les nations qui s'élèvent contre lui, Il brise leurs os, et les abat de ses flèches. Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne: Qui le fera lever ?
Béni soit quiconque te bénira, Et maudit soit quiconque te maudira !






Bientôt la "route entre l'Assyrie et l'Égypte" ? Bientôt la "paix" au Proche-Orient ? La guerre de Magog est proche, et tout se met en branle... Les temps auraient-ils été hâtés ?