Peut-on déterminer la date du retour de Jésus ?

NON ! répondent d'une manière absolue les écritures.

De nombreux textes le prouvent et pourtant, depuis de nombreuses années, une foule de faux docteurs et de faux prophètes s'acharnent à tenter de prouver le contraires !


L'homme est ainsi fait que sa curiosité naturelle le pousse constamment à contourner les enseignements très clairs des Ecritures à ce sujet.

Les mouvements "millénaristes" qui reparurent au XIXème siècle se spécialisèrent dans ce type de spéculations. Citons entre autres : les adventistes, les étudiants de la Bible, les témoins de Jéhova qui annoncèrent l'enlèvement pour 1914 ! (il y eut bien à cette date un événement important, mais il n'était pas exactement celui que l'on attendait !)


Devant leur échec, loin de reconnaître leurs erreurs en cessant ces spéculations malsaines, nombre de ces mouvements considérèrent seulement qu'ils s'étaient trompés dans leurs calculs, qu'ils refirent alors avec les mêmes résultats décevants, et pour cause...

Depuis 1975, les témoins de Jéhova, qui ont fini par tirer les leçons de leurs fausses prédictions, ont cessé d'annoncer des dates !


Les milieux évangéliques n'ont pas toujours, eux aussi, été épargnés par le désir de déterminer la date du retour de Jésus. Ainsi, à défaut de pouvoir déterminer le "jour et l'heure", d'aucuns ont prétendu pouvoir déterminer l'année ! D'autres ne se sont même pas embarrassés de ces scrupules là.




Parmi les spéculations les plus récentes en milieu évangélique quant à la date du retour de Jésus, citons "l'alignement des planètes", phénomène astronomique rare, mais parfaitement explicable scientifiquement et qui n'avait rien de surnaturel. Selon certains esprits alarmistes dans ces années-là, il s'agissait des signes cosmiques annoncés par nombre de prophéties bibliques, et contemporains de la venue du Seigneur.


Ces planètes devaient s'aligner à une date et une heure précises de cette année 1984. Au fur et à mesure que cette date fatidique approchait, la tension montait dans le monde évangélique ; les plus prudents déclaraient que cet alignement de planètes allait déclencher de graves événements en relation avec les choses dernières, d'autres n'hésitaient pas à annoncer pour ce jour et cette heure le retour du Seigneur...

La date fatidique arriva et les planètes s'alignèrent comme prévu, mais en dehors de cela que se passa-t-il ? Rien !

Croyez-vous que ceux qui avaient égaré les autres et qui s'étaient montré de faux prophètes firent alors amende honorable ? Que nenni ! Croyez-vous que ceux qui avaient été dupés demandèrent des comptes à ceux qui les avaient trompés ? Pas davantage ! Tout ce monde tourna la page et retourna vaquer à ses affaires comme si rien ne s'était passé ! Jusqu'à la prochaine fois...


L'occasion se présenta avec l'année 2000. Cette date avait en elle-même une grande puissance émotionnelle comme l'avait été au Moyen-Age l'an mille !

Les excès qui avaient marqué cette période et que les historiens appellent "les terreurs de l'an mille" incitèrent la plupart des chrétiens à la prudence. La leçon avait été retenue et pourtant, certains succombèrent à la tentation d'y voir la date de la parousie car un autre phénomène, en relation avec la modernité celui-là, risquait de se produire : le "bug" de l'an 2000. Ce risque était décrit par des spécialistes non-chrétiens : en raison du changement de date, tous les ordinateurs du monde programmés en fonction du XXe siècle risquaient d'être désorientés par le changement de siècle et donc de "buguer" tous ensemble, provoquant chaos et même catastrophe dans tous les réseaux de communication informatique. Il n'en fallait pas plus pour que d'aucuns se laissent aller à fantasmer et à annoncer que ces "bugs" provoqueraient des catastrophes à l'échelle mondiale et qui seraient les "signes avant-coureurs" de la fin.


Comme en 1984, le 1er janvier 2000 arriva...le passage d'un millénaire à l'autre eut bien lieu... mais à part cela, rien ne se passa ! A la grande déception, ou au grand soulagement selon les cas, de ceux qui avaient annoncé ou redouté le pire ! On pourrait encore citer une prédiction du même type, prévoyant la fin du monde pour décembre 2012, où seule la ville de Carcassonne devait être épargnée.

Des phénomènes astronomiques mal définis devaient en être la cause. Nombreux furent alors ceux qui vinrent se réfugier dans cette ville, à tel point que même la grande presse s'en fit l'écho. La crédulité de l'être humain est toujours sans limite !


Et voici qu'à nouveau, on nous sert le même plat ! C'est tout d'abord le phénomène des tétrades : éclipses qui se sont produites simultanément à la veille des grandes fêtes bibliques à partir de 2015. C'est un phénomène rarissime qui, paraît-il, ne doit plus se reproduire avant de nombreuses années.



L'aspect principal de ces phénomènes astronomiques, au demeurant parfaitement explicables scientifiquement, c'est que "la lune se changera en sang", ce qui rejoindrait certaines annonces prophétiques contenues notamment dans le livre de Joël. On aurait également remarqué que de tels phénomènes se seraient produits à la veille d'événements déterminants dans l'histoire du peuple d'Israël : la résurrection de l'Etat Juif en 1948 ou la guerre des six jours en 1967.


Il n'en faut pas plus à certains pour affirmer de manière péremptoire que, pour le moins, ces phénomènes annoncent de graves événements en relation avec l'Etat d'Israël. Qui vivra verra.

Les tétrades sont des phénomènes naturels qui indiquent que les signes cosmiques annoncés par Jésus sont des phénomènes surnaturels à caractère catastrophique (car les puissances des cieux seront ébranlées, Luc 21 v.26, il ne peut donc en aucun cas s'agir des tétrades)


Mais il y a plus. A l'heure actuelle, un certain nombre de livres circulent dans les milieux évangéliques, faisant part de soi-disant révélations qui seraient étayées par des textes bibliques permettant de déterminer avec précision la "date de l'enlèvement". Les auteurs de ces ouvrages se placent résolument dans le cadre de la théorie dispensationaliste largement diffusée dans les milieux évangéliques par les écrits de Darby et Scoffield et plus précisément des l'école "prétribulationniste" pour laquelle "l'enlèvement" aura lieu d'une manière secrète et invisible avant la "tribulation" de sept ans qui s'achèvera cette fois par le retour visible de Jésus pour régner.


Les auteurs font un distingo subtil entre trois expressions bibliques qui, manifestement sont synonymes : "le jour de l'Eternel" des prophètes, serait différent du "Jour du Seigneur" du Nouveau Testament, lui-même différent du "Jour de Christ".

D'ailleurs, il ne s'agit nullement d'un jour de 24H mais d'une période de temps, à la durée non précisée, qui sera celle des choses dernières.


Les auteurs affirment que ces différentes expressions s'appliquent à ce qu'ils considèrent être les deux venues de Jésus : sa première venue secrète pour enlever l'Eglise avant les sept ans de la tribulation et sa seconde venue visible et glorieuse à la fin des sept ans.


Selon eux, il n'est pas possible de déterminer la date de la deuxième venue de Jésus, puisque nul ne connaît le jour ni l'heure, et pour eux, tous les textes bibliques qui vont dans le même sens s'appliquent à cette seconde venue. Par contre, il serait possible de déterminer la date de l'enlèvement qui aurait lieu au Rosh Hashana de l'année 2015, soit les 13 ou 14 septembre !


Cette théorie soulève de nombreux problèmes.


1- Est-on sûr qu'il y a bien deux venues de Jésus, différentes, séparées par un intervalle de sept ans ? Nous ne voyons aucun texte qui le dise de manière explicite. Jésus a toujours parlé de son retour dans un événement unique, visible par tous et glorieux. L'idée de deux venues de Jésus est une construction intellectuelle. D'ailleurs à ce sujet, les dispensationalistes eux-mêmes ne sont pas d'accord entre eux. Il existe en leur sein trois écoles ; c'est dire que les choses sont loin d'être claires... Si elles l'étaient, tout le monde serait d'accord !


2- Les auteurs ne réalisent pas que "Jour de l'Eternel", "Jour du Seigneur" et "Jour de Christ" sont une seule et même chose. Dans le Nouveau Testament en grec, le mot "Eternel" n'existe pas ; il est remplacé par le mot "Kurios" ou "Seigneur" mais Jésus-Christ est Seigneur, donc parler du "jour de Christ", c'est aussi parler du Seigneur.


3- Dire que l'on peut déterminer la date de l'enlèvement mais pas celle de la Parousie est totalement illogique, c'est l'inverse qui se comprendrait mieux. Car si selon le schéma darbyste on peut déterminer la date de l'enlèvement (ce que d'ailleurs Darby n'a jamais prétendu), on peut logiquement déterminer la date de la Parousie, puisque cette dernière doit intervenir sept ans après.


4- L'idée que l'enlèvement aura lieu lors de la fête des trompettes est également une spéculation extrabiblique. Aucun texte biblique ne nous autorise à penser une telle chose. Cette idée repose sur l'hypothèse selon laquelle les fêtes bibliques correspondent aux deux venues de Jésus. Les fêtes du Printemps, Pâque et Pentecôte annonceraient prophétiquement la première venue de Jésus qui serait donc accomplie à cette heure. Quant aux fêtes d'automne, Rosh Hashana, Kippour et Souccoth, elles correspondraient à sa deuxième venue. Ainsi, la fête de Rosh Hashana ou Fête des shofars, serait pour eux la date de l'enlèvement qui, selon Paul aux Thessaloniciens, doit être annoncé au son du shofar.


Il est vrai que dans la tradition juive, les fêtes d'automne anticipent les choses dernières, le jugement dernier et l'avènement du Royaume Messianique, mais cela suffit-il pour affirmer que Jésus reviendra forcément le jour du Rosh Hashana ?




Jamais en tout cas, la tradition juive n'est allée jusqu'à affirmer que le Messie viendrait forcément pendant une fête du Rosh Hashana. Au contraire, Jésus a déclaré que ses disciples devaient être prêts EN TOUT TEMPS et pas seulement à l'occasion du Rosh Hashana, ce qui signifie qu'il est susceptible de revenir à n'importe quel jour de l'année. Ne serait-il pas particulièrement commode de se dire que pour être prêt à l'enlèvement, il suffirait de se préparer deux jours par an à l'occasion des deux jours de la fête de Rosh Hashana ?

C'est totalement opposé à la pensée de Jésus qui attend des siens une vigilance de tous les jours et de tous les instants.


Cela fait beaucoup d'hypothèses pour un sujet aussi grave. Quand en outre, on mesure la fragilité de ces hypothèses, il faut être d'une infinie crédulité pour en suivre les auteurs dans leurs raisonnements.


Enfin, ces hypothèses se brisent toutes sur l'affirmation massue de l'Ecriture :


"NUL NE CONNAIT NI LE JOUR NI L'HEURE"

"Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. VEILLEZ DONC EN TOUT TEMPS, puisque vous ne connaissez ni le jour ni l'heure."


Jésus, quand il était sur la terre, affirmait que lui-même ne connaissait pas cette date qui était le seul secret du Père. Quel orgueil et quelle inconscience que l'on puisse penser que l'on en connaît plus que Jésus !


Le drame du christianisme occidental est qu'il est rationaliste et cartésien et qu'il veut tout comprendre, tout savoir et tout mettre en équation et qu'il ne laisse aucune place au mystère. Le regretté professeur David Flusser, universellement reconnu comme un des plus grands spécialistes mondiaux du Nouveau Testament, déclarait : "Jésus a toujours été opposé à une eschatologie trop précise, et quand on lui a posé des questions trop pointues à ce sujet, il s'est toujours dérobé en ramenant ses auditeurs à l'essentiel : SOYEZ PRETS EN TOUT TEMPS ! "


Il est regrettable que nombre de chrétiens soient troublés par ce genre de littérature au point de résilier leur travail, de démissionner de leurs entreprises, puisque de toute façon le Seigneur revient !

Il est aberrant que l'on puisse être aussi léger avec des choses aussi sérieuses, mais le 15 septembre prochain, comme il en fut tant de fois dans le passé, la folie de ces gens apparaîtra aux yeux de tous. Mais en attendant, comme le dit Paul aux Thessaloniciens :


"En ce qui concerne l'avènement du Seigneur et notre rassemblement auprès de Lui, ne vous laissez pas promptement ébranler dans votre bon sens, ni alarmer par quelque inspiration, par quelque parole ou par quelque lettre... comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d'aucune manière !" 2 Thessaloniciens 2 v.1-3





Article publié en mars 2015 dans le Keren Israël "La corse, une île de justes" n°103

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