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Esther : pour un temps comme celui-ci

 

Voici l'article edito du Keren Israel n°51 paru en 2001 et exclusivement réservé au Livre d'Esther. dans notre période actuelle où les juifs célèbrent Pourim et dans un contexte plus large de guerre avec l'Iran, nous invitons les lecteurs à s'imprégner de ce livre si riche et mystérieux.

Vous trouverez l'ensemble du Keren en version PDF sur le lien suivant :


La lecture de la Bible est essentielle pour le croyant. Jésus lui-même cite l'Écriture à bien des reprises. L'Écriture doit être sondée dans ses profondeurs.


C'est le sens même du mot hébreu « midrash », méthode d'exégèse typiquement juive dont le but est justement de creuser, sonder toutes les possibilités et potentialités du texte pour en faire surgir toutes les richesses.


Pourtant, nombreux sont ceux qui font de la Bible une lecture superficielle, notamment en ce temps qui est dominé, en ce domaine comme en tant d'autres, par la superficialité : on « surfe », on « zappe », pour se faire une idée vague et approximative des choses. Beaucoup ont cette attitude face à la Bible. Ils ne cherchent pas à en avoir une connaissance profonde.


C'est le contre-pied de cette attitude de superficialité que nous voulons prendre pour notre part, nous voulons au contraire nous efforcer d'étudier la Bible en profondeur pour, comme le dit Luc, avoir des certitudes quant à l'enseignement que nous avons reçu, car une foi superficielle ne peut résister aux tempêtes de ce temps.


Nous commençons par le livre d'Esther, livre biblique très particulier puisque le nom de Dieu n'y apparait jamais, mais où Dieu est tellement présent que l'on ne s'en aperçoit même pas !

Le livre d'Esther appartient à ce qu'on appelle les cinq mégilots (rouleaux). Il s'agit de petits livres qu'on lit à l'occasion de certaines fêtes.


Ainsi, le Cantique des Cantiques est lu à Pâque, Ruth à Pentecôte, les Lamentations le neuvième jour du mois d'Av, jour anniversaire de la destruction du temple, Ecclésiaste à Sucot (fête des huttes) et Esther à Pourim (fête de la reine Esther).


Pourim est l'occasion d'une fête joyeuse qui prend souvent l'allure d'une sorte de carnaval. Dans la synagogue, le livre d'Esther est lu deux fois : le matin et le soir de la fête. Cette lecture doit se faire impérativement à partir d'un rouleau (mégila) écrit à la main.


Chaque fois que le lecteur prononce le nom de Mardochée le juste, toute l'assistance bénit bruyamment le héros, tandis que quand le lecteur prononce le nom de Haman le méchant, toute l'assistance conspue le persécuteur en agitant de petites crécelles qui font un bruit assourdissant. Le soir venu, on brûle Haman en effigie dans un gigantesque feu de joie. Pour perpétuer l'ordre biblique, la coutume veut que l'on envoie des cadeaux aux proches ou aux nécessiteux, notamment des gâteaux typiques de ce jour que l'on appelle « oreilles d’Haman » en forme de tricornes. Mais le livre d'Esther est aussi un message pour notre temps et au-delà de la dimension historique, littéraire, exégétique, c'est aussi le sens et le message du livre qu'il faut nous efforcer de dégager.


Le livre d'Esther est le livre de ce qui est caché [le mot Esther vient de « nitsar» : caché). Dieu se cache parce qu'il est rejeté du monde et ses fidèles pour le demeurer doivent aussi se cacher. Certains rabbins plaçaient le livre d'Esther au même niveau que les cinq livres de Moïse. Quant à Maimonide, le grand docteur du Moyen Âge, il allait jusqu’à affirmer qu'au dernier jour, la Thora elle-même disparaîtrait mais que le livre d’Esther ne disparaîtra jamais.


Toutefois, ce livre gêne certains chrétiens tels ceux de l’Église d'Orient dont un représentant a déclaré récemment qu'il ne comprenait pas la présence de ce livre dans le canon de l’écriture, reprenant en cela l'opinion de certains pères de l'Eglise, car ce livre est considéré comme trop juif. Voici donc le livre d’Esther, celui des choses cachées dont nous voulons ici mettre en lumière quelques-unes des richesses.



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