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La réalité à l'écran

il y a 5 heures
3 min de lecture

Très populaire ces dernières années, la série télévisée israélienne Fauda vient de sortir pour la 5ème saison en France sur Netflix. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette série suscite bien plus de discussions que les autres.


La raison ? Le fait que ce soit une série israélienne uniquement.

Et disons-le d'emblée, une série israélienne qui tente de montrer une certaine réalité, bien éloignée des autres films ou séries israéliennes, qui peuvent être encensés en Occident, justement parce qu'ils prennent un biais politique très fort et exercent une critique acerbe voire une détestation d'Israël.


Fauda, pour les non-connaisseurs, c'est une série d'action qui suit une unité d'élite de la Police israélienne, infiltrée en territoires palestiniens et spécialiste des opérations à haut risque. Parfaitement arabophones et imprégnés de la culture arabe moyen-orientale, les agents de l'unité Mistaaravim se fondent dans le décor palestinien afin d'empêcher des terroristes de passer à l'acte en Israël.


Contrairement à beaucoup de séries sur des unités spéciales, la série Fauda peut s'appuyer sur l'expérience de ses acteurs et membres de la production, dont beaucoup sont passés par ces unités d'élite lors de leur service militaire et de leurs périodes de réserve.

Ainsi, le personnage principal est incarné par Lior Raz, qui est lui-même un ancien de l'unité Duvdevan (dont dépendent les Mistaaravim, littéralement « Ceux qui ressemblent aux arabes »), comme deux autres acteurs principaux d'ailleurs.



Et c'est l'une des grandes forces de la série : elle retranscrit une réalité qui est loin d'être glorieuse ou a sens unique politiquement. Les personnages palestiniens sont montrés dans la complexité de leur contexte familial, religieux et culturel. On y voit aussi une réalité souvent oubliée : la collaboration entre les services israéliens et la police palestinienne pour lutter contre les ennemis communs, tantôt le Hamas ou l'Etat islamique.

Et c'est d'ailleurs pour cette proximité avec le réel que la série est une énorme succès aussi bien en Israël que dans l'ensemble du Moyen Orient, notamment au Liban.



Saison 5, saison du Boycott ?


Et c'est justement cette réalité qui est contestée en Occident, à la sortie de la saison 5. Dans cette nouvelle saison, la réalité est davantage mise en avant, avec un scénario basé sur la tragédie du 7 octobre 2023.

Deux pères de famille et voisins, l'un juif, l'autre bédouin musulman, cherchent à retrouver celui qui a massacré leurs proches le 7 octobre et qui a filmé son crime à la caméra Gopro.


La réalité dépasse la fiction, dans cette saison qui n'aurait pas dû voir le jour, car non prévue. Plusieurs membres de l'équipe ont ainsi directement vécu la mort de proches dans l'attaque ou ont été impliqués dans les combats des premières heures pour sauver les civils qui fuyaient les hordes de terroristes (comme Lior Raz, à nouveau).

D'autres ont payé le prix du sang, lors des combats qui ont suivi à Gaza, comme Meir Matan, l'un des membres de l'équipe, qui a été tué à Gaza ou encore l'un des acteurs principaux, Idan Amedi, qui a été grièvement blessé à Gaza.


Et pourtant, en Occident, la sortie de cette nouvelle saison de Fauda provoque, dans les rédactions, une stupeur. En effet, la série est associée à une vision "biaisée " du conflit, largement en faveur d'Israël dont l'armée serait glorifiée, ainsi que les meurtres de palestiniens justifiés.


Les articles de presse se succèdent pour dénoncer cette propagande israélienne.

Mais la population n'est pas dupe : Fauda réalise d'excellents scores d'audience en Occident , à l'image du Moyen Orient, où elle truste les premières places (en Jordanie, Emirats...).


Cette série nous raconte autre chose qu'une simple histoire : elle nous montre la réalité du Moyen Orient, une réalité complexe, douloureuse et subtile, que beaucoup d'occidentaux ne comprennent pas, car elle ne rentre pas dans leurs cases toutes faites...

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