Témoignage de Yosef, rescapé de la shoah
- associationkeren

- il y a 2 jours
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Chers (es) amis (es),
Je voudrais vous partager le témoignage de vie de notre ami Yosef, que nous avons aidé dernièrement.
Yosef naît dans une famille juive le 15 novembre 1931 à Bielsko-Biala en Pologne. Cette ville se trouve près de la frontière Tchèque et Slovaque. Il est le dernier de la famille Flecker. Une sœur aînée le devance de quelques années.
En 1935, au vu des évènements en Pologne, sa famille va s’installer à Vienne en Autriche près des parents maternels. Ces 8 premières années se passent très bien. Il commence son cycle scolaire à Vienne.
En 1939 tout bascule.
Yosef avec ses yeux d’enfants de huit ans nous raconte comment il reçoit l’étoile jaune marqué « juden » puis les persécutions dans la rue, vitrines cassées, la peur quotidienne des rafles. Puis vient ce jour de 1940, ou ils sont raflés à leur tour , sa sœur, son père et sa mère. Les grands-parents ne sont pas avec eux heureusement. Ils fuiront en Hongrie quelques temps plus tard. Il se voit forcé avec toute sa famille de monter dans un wagon, sans savoir où il va.

Yosef : « Nous étions entassés comme des sardines. Quand nous arrivons à Auschwitz, certains étaient déjà morts tant nous étions serrés. Le voyage jusqu’au camp fut long et éprouvant. J’avais très soif, mais il n’y avait qu’un seul seau pour tout le monde, et de toute façon, nous étions si comprimés que personne ne pouvait y accéder. »
Arrivé à Auschwitz, la séparation est brutale. Il est séparé de sa famille et se retrouve seul. Yosef : « Ce fut la dernière fois que je vis les miens. »
À Auschwitz, il est témoin de scènes indicibles. L’enfer du camp frappa son corps autant que son esprit. Lorsque la libération arriva enfin, il est adolescent. Ce jour là, Il remarque que les nazis tentent précipitamment de tuer les derniers Juifs avant l’arrivée des forces russes. Pour survivre, il fait le mort, allongé sur un tas de cadavres. Lorsque les nazis s’approchent de lui, il reçoit un coup de crosse sur la tête, mais gardant son sang-froid, il ne bouge pas d’un pouce. Yosef : « Les corps étaient là depuis un moment et s’étaient transformés en une sorte de gelée. L’odeur était insupportable. Si je bougeais , ils m’abattaient sur le champ »
Il ne bougea que lorsqu’il entendit les Russes crier : « Ruski, Ruski ! » Secouru, lavé et habillé, il est confié à un couvent catholique. Il resta là jusqu’à la fin du printemps, puis il part pour l’Inde, dans un camp militaire britannique ou il reste deux ans. Ce camp s’appelle Valivade-Kolhapur. (Vous trouverez l’histoire de ce camp sur internet).

Je demande à Yosef : « Pourquoi l’Inde ? » Il secoue simplement la tête. « Je ne sais pas vraiment. Je venais de survivre à l’horreur des camps. J’étais encore adolescent ; j’ai suivi sans poser de questions. » Il parle de cette période avec sobriété et gravité — sans euphémisme, mais sans plainte. Sa voix ne vacille que lorsqu’il évoque sa survie miraculeuse qui lui a permis de continuer à vivre. Là en Inde ses journées consistent en promenades, enseignement et catéchisme dans une grande ville à côté de PUNE au nord de KOLHAPUR.
A partir de ce moment là, son nom va changer. La mission catholique qui gère le camp lui donne une nouvelle identité. Il ne s’appelle plus FLECKER Zdzislaw Marian né le 15.11.1931, mais BOBROWICZA Zdzislaw Marian né le 02.07.1945 dans le Camp VALIVADE près de KOLHAPUR dans le sud de l’Inde. Un certificat de naissance et de baptême lui est remis par cette mission pour valider son changement d’identité. La guerre se terminant, en 1948 il est envoyé en Angleterre à FAIRFORD (dans le Gloucestershire) où se trouve un camp Polonais (Site qui comptait environ 1500 polonais) une ancienne base de la RAF. Son intégration à Fairford en Angleterre dure 2 ans. En dehors des cours d’anglais, il n’a pas d’occupation !
Yosef : « Nous étions 10 environ dans chaque petite maison du camp ».
Devenu jeune homme, il trouve rapidement un travail comme plongeur dans un restaurant. C’est enfin l’occasion de retrouver une certaine indépendance et liberté. Un soir, à Hyde Park, l’air se remplit soudain de chants vibrants et d’une ferveur inconnue. La vie de Yosef, marquée par la douleur et la perte, était sur le point de basculer. Attiré par la musique, il quitte le pub où il buvait une bière avec des amis et se dirige vers la croisade de Billy Graham. Intrigué au milieu d’une foule de fidèles, il écoute les paroles des chants, qui semblaient parler directement à son cœur. Puis vint le moment décisif : Billy Graham délivre un message passionné sur la repentance qui le bouleverse. Enfin, le pasteur lance un appel pour ceux qui désirent la prière. Submergé par la présence du Seigneur, les larmes aux yeux, Yosef s’avance. Dans le silence intérieur de son âme, il s’adresse à Yeshoua : « Me voici, Seigneur. Fais de moi ce que Tu veux. »

Un souffle nouveau le remplit. Une expérience inexplicable saisit tout son être et le conduit à prier dans une langue qu’il ne connaît pas — la langue des anges. Le Saint-Esprit est descendu sur lui. Ce moment marque le début d’une transformation profonde. Ce soir-là, guidé par ce qu’il ressent comme la main de Dieu, Yosef laisse derrière lui sa vie passée, ouvrant la porte à une existence entièrement consacrée à Yeshoua. Yosef : "Ce ne fut pas seulement une rencontre avec un homme ou un ministère célèbre, mais un face-à-face avec le divin — un moment où mon passé douloureux et mes racines juives commencent à trouver leur juste place dans mon cœur. Ce fut le début d’un chemin de foi qui me conduisit à redécouvrir mon identité et à servir Dieu avec un engagement total."
Ministère et prédication
Une nouvelle étape de sa vie commence, presque entièrement consacrée au ministère et à la prédication. Après des études dans une école de théologie, il devient pasteur et prédicateur. Dans les églises où il est invité, il ne prépare pas de longs sermons écrits ni de discours élaborés. Sa manière de prêcher est simple et directe : prier, puis parler. Yosef : « Je prie simplement et je laisse le Saint-Esprit me guider.»
Cette approche profondément spontanée devint la marque de son ministère. Pendant plusieurs années, il prêche régulièrement dans un lieu affilié à un mouvement pentecôtiste lié à un séminaire théologique. Les responsables l’invitent presque chaque semaine. Yosef sourit en évoquant ces souvenirs : une manière simple mais concrète de voir que Dieu ouvrait des portes.
Pour lui, ces années en Angleterre furent avant tout, un temps d’engagement total : prêcher, prier, enseigner les Écritures. Derrière lui, les épreuves du passé ; devant lui, la conviction que sa survie et sa vie avaient un sens. Et pour lui, ce sens est clair : annoncer la foi qu’il avait découverte et transmettre ce qu’il considère comme une vérité vivante.
Épreuves de santé
Quelques années plus tard, on lui diagnostique un cancer. Une opération de son système digestif est nécessaire, et pourtant les médecins ne lui donne que quelques jours à vivre. Mais Yosef est convaincu que le Seigneur n’en a pas fini avec lui. Il quitte l’hôpital et continue à œuvrer sans se soucier du reste. Trente ans plus tard, il dit : « Je suis encore en vie. C’est Yeshoua qui me maintient en vie. Il n’en a pas encore fini avec moi… »
Fuite, nouvelles rencontres et mission renouvelée
À un âge où beaucoup ralentissent, Yosef va une nouvelle fois tout quitter. Après des années au Royaume-Uni, des circonstances familiales difficiles le poussent à partir. Accompagné d’un pasteur, il arrive à Nice. Mais après quelques jours d’aide, il se retrouve seul. Pendant près de deux semaines, il dort dans un parc, ou il rencontre un Anglais dépendant à la cocaïne, à qui il parle pendant des jours.Trois ans plus tard, cet homme est devenu pasteur.
Il vit comme cela pendant plusieurs années en ayant comme seul revenu sa retraite Irlandaise. Il loge le plus souvent à l’hôtel. Puis vient le jour ou sa retraite est suspendue car il vit depuis trop longtemps en dehors de l’Irlande. Même dans cette précarité, il continua de témoigner de sa foi. Yosef monte sur Paris et il est hébergé par un ami polonais qui l’aide à obtenir l’AME (aide-médical-d’état). Celle-ci sera renouvelé jusqu’en 2022. Depuis, l’administration française lui demande de prouver son identité. Chose pas facile quand on est rescapé de la Shoah avec en poche comme seul justificatif un extrait de naissance et de baptême catholique. Sur Paris, il rencontra Lida. Après de longues discussions, elle accepte Yeshoua dans sa vie et se fait baptiser chez elle. Au vu de la situation, elle lui propose de l’héberger. Elle devient un soutien essentiel pour Yosef. Malgré les difficultés, il continue de témoigner, de parler de son Seigneur dans divers lieux, parfois inattendus, comme des synagogues ou des mosquées.
De l’indicible à la précarité : une situation critique
Depuis son départ d’Irlande, Yosef ne parvient pas à régulariser pleinement sa situation administrative. Il ne parle pas le français. La précarité devint son quotidien. Lida le soutien financièrement depuis qu’il ne perçoit plus rien , et leur situation devient critique : compte bancaire presque à découvert, risque d’expulsion…
Rencontre avec 2M1-SOLIDAIRE

C’est à ce moment là que je rentre en contact avec Yosef et Lida par le biais un ami qui travaille pour l’organisation « Juif pour Jésus ». Nous décidons avec mon équipe de les rencontrer tous les deux . Nous comprenons alors, que la situation est urgente et compliquée à résoudre. Après un temps de prière on décide de lancer une cagnotte en ligne. Grâce à vous, on évite le pire, mais la situation n’est pas définitivement réglée. Cela nous laisse un peu de temps pour trouver une solution définitive. Depuis j’ai contacté des associations juives qui aident les rescapés de la Shoah. A ce jour aucune réponse. J’ai cherché comment faire valider le seul justificatif de naissance catholique qu’il a en sa possession. Chose pas facile. Cela va prendre du temps. En attendant, Yosef a besoin de soutien et de soins liés à son âge et ses différentes pathologies.
Comment faire ?
La fragilité matérielle ne devrait jamais mettre en danger ceux qui ont déjà traversé l’indicible. Chaque geste de solidarité compte.
Que pouvons-nous faire ensemble ?
Tout d’abord porter ces problèmes devant notre Seigneur pour qu’il lui accorde ce qu’il a besoin pour sa fin de vie. Il a 95 ans.
En le soutenant financièrement pour les soins qu’il a besoin tous les mois du à son grand âge et ses pathologies.
En nous aidant si vous avez des compétences juridiques pour faire valoir ses droits en France.
Que le Seigneur vous bénisse,
Claude et son équipe
Association 2M1Solidaire
Voici l'histoire de Yosef, telle qu'il l'a racontée à notre ami de l'association C2m1.
Depuis, l'association Keren s'est, elle aussi, mise en contact avec Yosef et Lida.
Nous avons pu leur rendre visite juste après un épisode difficile, où Yosef est tombé malade et a dû être hospitalisé. De retour dans le minuscule appartement, sur le canapé clic clac où il passe ses journées, par une température de 31° malgré le ventilateur, Yosef essaie de reprendre des forces. Il a perdu l'usage de ses jambes, mais son optimisme et sa volonté d'acier lui font dire qu'il va remarcher. Il a d'ailleurs commencé à refaire quelques pas... Hélas, comme il ne possède toujours pas de mutuelle, il ne peut bénéficier des soins d'un kinésithérapeute et doit se débrouiller seul... avec l'aide précieuse de Lida.
Yosef est un homme de foi et son espérance est en Yeshoua !
Cela ne nous a pas empêché de lui adresser un don, afin d'adoucir son quotidien et de l'aider dans son retour à une bonne santé. Nous avons aussi eu à cœur de vous adresser ce témoignage afin que vous puissiez porter Yosef dans vos prières.
Et si Dieu vous met sur le cœur le désir de l'aider financièrement, en attendant que les aides de l'Etat puissent se débloquer, nous nous ferons le relais de votre générosité.
Vous pouvez faire :
– un paiement sur notre site internet (Paypal ou carte bancaire)
– un virement bancaire
– ou un chèque.
COORDONNEES BANCAIRES
CCP KEREN ISRAEL
2541-88 N Rennes
IBAN Fr76 2004 1010 1302 5418 8N03 416
PSSTFRPPREN
ou par chèque bancaire à
Association KEREN
7 route de Plesterven
56610 ARRADON
Merci de préciser que votre don est destiné à Yosef.
Que le Seigneur vous accompagne jour après jour.
L'équipe de Keren
« Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. » Mat 25 v 40



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