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La routine du Moyen Orient



Après des mois de guerre intense, marqués par des milliers de bombardements sur l’Iran et de tirs de missiles dans l’autre sens, ces dernières semaines semblent très calmes.

Tout ceci est dû à un basculement des tensions du terrain militaire vers les négociations diplomatiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, par où transitent des quantités énormes de pétrole.




Trêve avec l’Iran ou frilosité trumpienne ?


Avec l’Iran, les tensions semblent s’être largement amoindries après un printemps fort belliciste. Les Etats-Unis ont demandé à Israël d’arrêter de frapper l’Iran, en faisant de même de leur côté.


Le but étant de permettre à l’économie mondiale de souffler, en rendant possible, notamment, une réouverture - au moins partielle - du détroit d’Ormuz.


Il faut savoir que Trump est un négociateur et non un guerrier : il préfère la table des négociations au terrain militaire. 


Il faut aussi se rappeler que les élections de mi-mandat arrivent très prochainement aux Etats-Unis et les prévisions ne sont pas forcément réjouissantes pour le camp républicain, qui risque de perdre certaines institutions au profit des démocrates.


La population américaine est historiquement rétive aux expéditions militaires à l’étranger et la base républicaine de Trump l’est tout particulièrement. En revanche, l’américain moyen est sensible aux questions internes et économiques. Or, depuis le début des hostilités avec l’Iran, le coût du pétrole a nettement augmenté en Amérique, comme dans l’ensemble du monde.


Pour les Américains qui utilisent énormément leurs voitures, du fait des longues distances, cette augmentation se fait grandement ressentir et pourrait ainsi causer des préjudices à Trump cet automne.


Pour bien comprendre la question iranienne, il faut avoir en tête que l’ennemi ultime des USA est la Chine et non l’Iran. La Chine est dépendante du pétrole iranien et plus globalement du pétrole extérieur, car elle n’en produit aucunement.


Trump prend ainsi ses décisions sur l’Iran dans l’optique de cette guerre commerciale avec la Chine (asphyxier économiquement la Chine, tout en évitant des prix trop hauts qui nuiraient à la production américaine de pétrole + coût pour les consommateurs américains).


La sécurité d’Israël est donc loin d’être la priorité de Trump, même sur des questions moyen-orientales comme celle de l’Iran.


D’ailleurs, pour éviter d’être ciblé par Israël ou les USA, l’Iran utilise ses milices affiliées (proxies) dans l’ensemble du Moyen-Orient pour agir contre ses ennemis.

Dans le même temps, les Iraniens n’hésitent pas, parfois, à s’attaquer aux bases américaines du Golfe ou aux pays arabes sunnites de la région, afin de faire pencher le bras de fer dans leur direction. Et cela fonctionne plutôt bien car Trump montre des signes de faiblesse en ne réagissant pas à ces provocations.


Il a notamment annulé plusieurs frappes prévues contre l’Iran en espérant qu’un retour à la table des négociations serait plus prolifique.

Pour les suiveurs du Moyen-Orient, dont vous faites sûrement partie, cela semble illusoire et est en outre considéré comme de la faiblesse par le régime iranien.


Un dernier mot sur l’Iran : le régime a été nettement affaibli par la guerre et même si la persécution continue en interne contre les opposants, les Iraniens ont pu regagner certaines libertés. Il faut dire que le régime est désormais plutôt entre les mains des militaires des gardiens de la Révolution que des mollahs (religieux) comme avant-guerre, et qui sont davantage marqués par l’idéologie et soucieux de mœurs islamiques très conservatrices.



Israël face à ses combats immédiats


Pendant que le conflit avec l’Iran patauge, suite à un arrêt brutal initié par Trump, dans le but de mener des négociations, Israël ne perd pas de temps face à ses risques sécuritaires immédiats que sont le Liban et Gaza, auxquels on pourrait ajouter les territoires palestiniens où les opérations anti-terroristes continuent et sont loin d’être désœuvrées.


A Gaza, depuis plus d’un an et demi maintenant, un certain statu quo règne. Tsahal contrôle environ 60% de la bande (les extérieurs de Gaza city) et continue dans cette zone le démantèlement des réseaux terroristes (tunnels, caches d’armes…).


De temps à autre, des escouades du Hamas ou du Jihad islamique tentent de pénétrer les zones de no man's land ou sous contrôle israélien. Également, l’armée de l’air israélienne frappe ponctuellement certains terroristes formellement identifiés (plusieurs bourreaux des otages ont notamment été éliminés dans des frappes ciblées, ces dernières semaines).


Au Liban, de la même manière, Israël « nettoie » la zone frontalière des fortifications et des caches d’armes du Hezbollah. Plusieurs tunnels très imposants et enterrés ont ainsi été détruits. Il s’agit d’un travail long et fastidieux, qui ne fait pas la une des journaux, et pourtant fort utile.


Cela a un coût également : l’armée mobilise énormément de réservistes, qui ne sont donc pas à leur travail pendant leur durée de service, ralentissant de fait l’économie. Israël paie aussi un coût humain élevé, puisque, régulièrement, des soldats  sont tués dans des embuscades du Hezbollah (pas plus tard qu'hier, deux soldats sont morts et quatre autres ont été blessés...).


Et tout ceci, dans un contexte interne où la résilience est incroyable et l’unité nationale très forte, malgré la venue prochaine d’élections législatives pour reformer une coalition gouvernementale (avec ou sans Netanyahou ?).


Ce sujet nous amènera sans doute à vous proposer un article, dans les prochaines semaines.


Toujours est-il que la situation au Moyen-Orient pourrait ainsi être résumée : une guerre froide s’est installée entre l’Iran et les Etats-Unis, sans que de réelles avancées n’aient eu lieu depuis le début des négociations (quid du nucléaire et de l’uranium enrichi ?), tandis qu’Israël ne se contente pas d’attendre l’issue de ce bras de fer diplomatique et s’occupe de ses menaces immédiates.


Il est fort intéressant de voir la position des pays arabes sunnites depuis le début de la guerre.

Ils sont nettement désabusés par la faible protection américaine et le manque de soutien de Trump, alors même que ces pays reçoivent encore régulièrement des missiles balistiques iraniens ou des drones sur leurs infrastructures. En revanche, leur seul allié fiable dans la région est Israël et les pourparlers sécuritaires sont plus forts que jamais face à la menace commune.


Si l’on en croit les prophéties d’Ezéchiel, ces « lionceaux de Sheba et Dedan » font partie de la coalition soutenant (plus ou moins fortement) Israël lors de la guerre de Gog.


Il s’agit donc d’une tendance lourde de l’évolution du Moyen-Orient à garder en mémoire...



 
 
 

1 commentaire


Invité
il y a 9 minutes

Les choses avancent, petit à petit. Hâte de voir ce qu'il ressortira des élections de cet automne. Merci beaucoup pour l'article en tout cas :)

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