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Et maintenant ?

Depuis maintenant quatre mois, Israël combat contre le Hamas à Gaza, suite à l’attaque du 7 octobre. L’offensive de Tsahal se poursuit lentement mais sûrement, afin d’éviter les pertes et les dommages collatéraux. Sur le plan militaire, Tsahal réalise une avancée assez remarquable, sans grandes pertes (même si plus de 200 soldats sont tombés depuis le début de l’offensive...).


Gaza constitue un environnement urbain surpeuplé, très complexe pour une avancée militaire, surtout que les combats ne s’arrêtent pas au sol mais se déroulent aussi sous terre. En cela, des centaines de kilomètres de tunnels ont été découverts par Tsahal, tunnels construits et financés grâce aux aides aux « réfugiés » palestiniens, notamment depuis l’Union européenne...


Ces derniers jours, Israël a aussi mis à jour la collusion de nombreux palestiniens membres de l’UNRWA (branche de l’ONU spéciale pour la Palestine) avec le Hamas. Ce qui rappelle une chose importante : il est difficile pour l’armée israélienne de discerner les terroristes des simples civils. Parfois, un jeune adolescent, un vieillard ou une femme entièrement voilée se font exploser à proximité des soldats...


Tsahal a quasiment terminé la prise de Khan Younes et va bientôt commencer à s’attaquer à Rafiah, autre grande ville de la bande de Gaza. La recherche d’otages continue mais plus le temps passe, plus les chances sont minces de retrouver en vie les différents otages. Les services de renseignements israéliens viennent d'annoncer qu'ils avaient la preuve que 31 otages n'étaient plus en vie et peut-être vingt autres... En effet, ceux-ci sont souvent à proximité directe des chefs du Hamas pour servir de boucliers humains.


Mais la bande de Gaza n’est pas le seul endroit « chaud » du moment. Bien sûr, il y a le nord d’Israël dont nous avons déjà beaucoup parlé et où la confrontation avec le Hezbollah est avant tout une question de temporalité que d’éventualité. Mais il y a aussi, ces derniers jours, la Syrie et l’Irak.


En effet, Tsahal a frappé, à de nombreuses reprises, les milices pro Iran et les Gardiens de la Révolution iranienne (corps d’élite de l’armée « idéologique » iranienne), tuant notamment plusieurs leaders iraniens et pro-Iran. Également, les américains subissent depuis des années des attaques sur leurs bases.


Les milices pro-Iran ont attaqué, à 185 reprises, les bases américaines depuis le 7 octobre. Or, il y a deux semaines maintenant, une attaque sur une base en Jordanie, à la frontière syrienne, s’est soldée par la mort de trois soldats américains. Il s’agit donc clairement d’une montée en tension dans la région et les USA ne pouvaient pas ne pas réagir. 


Dans les jours suivants, Joe Biden a annoncé des représailles. Or, les jours se sont égrenés et rien ne s’est passé pour autant ! Hier, une vague d’attaques lancée par les américains a visé quelques centaines de cibles en Irak et en Syrie, faisant une trentaine de morts parmi les milices pro-Iran.


Que faut-il en conclure ? Cela révèle avant tout la faiblesse des USA et de l’administration Biden, dans la continuité de la politique des deux mandats Obama, où les américains se sont nettement désengagés du Moyen Orient et ont fait des choix plus qu’étranges, pour ne pas dire mauvais.


En effet, après une invasion de l’Irak ratée et douteuse politiquement, les américains se sont trop vite désengagés d’Irak sous Obama, laissant le champs libre aux conflits inter-religieux et ethniques (remportés par l’Etat islamique et les milices pro Iran). 



Aujourd’hui, l’Irak est dirigé par de nombreuses milices, dont principalement celles qui sont affiliées à l’Iran. Celles-ci ont pu s’imposer grâce à la victoire sur l’Etat islamique notamment. Les occidentaux fermaient alors les yeux sur ces milices qui combattaient également contre l’Etat islamique (sunnite) mais dont l’aspect messianico-religio-idéologique est tout aussi fort.


Résultat, en 2024, ces milices dictent leurs règles aux Américains, dont la faiblesse des réponses n’impressionne personne. Pire, afin de ne pas rentrer en guerre ouverte avec l’Iran qui s’érige en protecteur de ces milices qui lui sont favorables, les USA préviennent les milices et leurs instructeurs iraniens qu’elles vont être frappées ! D’où le peu de victimes lors de ces attaques.


La situation est assez similaire avec celle qui concerne les Houthis au Yémen : cette milice affiliée à l’Iran perturbe fortement le trafic en mer Rouge, par ses attaques incessantes contre des navires occidentaux.

De plus en plus de pays sont agacés par cette situation et l’Inde envisage même de rejoindre la coalition anti-Houthis. Les USA frappent régulièrement la milice mais là encore, ces frappes sont davantage politiques et cherchent à calmer temporairement les velléités du groupe qui se sent ainsi intouchable.


Pour rappel, dans les années 2015-2017, une offensive terrestre menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats s’est embourbée au Yémen, ne parvenant pas à venir à bout des Houthis qui en ont été renforcés. En effet, de nombreux yéménites se sont joints à la milice (parfois pour des avantages en nature dans un pays qui souffre de la faim). Au final, cette milice, à l’instar des milices irakiennes et syriennes, se sent intouchable, même vis-à-vis du « grand Satan » américain.


En définitive, la situation du Moyen Orient, en ce début février, est la suivante :

Israël poursuit le nettoyage de Gaza du Hamas (9 000 terroristes éliminés à ce jour) et est entré dans une phase de gestion, d’avancée plus lente permettant un nettoyage méthodique et une destruction des tunnels.


Tsahal se redéploie et de nombreuses unités quittent Gaza pour se remettre en conditions opérationnelles (repos et réarmement) et s’entraîner en prévision de la guerre au nord, qui semble inéluctable. Nous le répétons depuis des mois, voire même des années, mais cette guerre est quasi inévitable et sera bien plus difficile que les combats à Gaza. 


Dans le même temps, le « grand allié » d’Israël, les USA, prouvent à l’état hébreu qu’il ne peut pas vraiment compter sur lui (voir article précédent également). A quelques mois des élections américaines, une guerre au Moyen orient serait un désastre pour l’administration Biden et une voie en or pour un retour de Trump (largement en tête dans les primaires républicaines).



L’administration Biden poursuit donc sa politique de satu quo en fermant les yeux sur les activités de l’Iran et ses milices et en ne répliquant que lorsque l’opinion publique américaine (décès de soldats US) l’impose.


En définitive, le Moyen Orient sera encore pour quelques mois en guerre ou du moins,  en tension et Israël ne peut compter que sur lui-même et surtout sur Dieu seul.




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