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« LE TRANSHUMANISME, C'EST LA RELIGION DE L'ANTICHRIST »

Dernière mise à jour : 9 janv. 2022


Article paru dans le Keren n°119

Le docteur Jean-Pierre Dickès, ancien gynécologue, obstétricien, s'est énormément investi depuis de longues années dans la recherche sur le transhumanisme. Il n'a cessé d'avertir et de dénoncer cette dangereuse dérive, souvent hélas, sans être entendu.

Nous l'avons rencontré, après avoir pris connaissance de ses ouvrages, il a fort gentiment accepté de répondre à nos questions. Voici l'essentiel de cet entretien qui date de 2019.



Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Mes parents étaient médecins, donc je me suis orienté vers la médecine. Ils avaient à Boulogne sur Mer une clinique d’accouchement de 33 lits que l’on a regroupés avec une clinique chirurgicale. Donc initialement, j’étais obstétricien, ce qui m’a fait toucher évidemment toutes les questions de morale médicale notamment avec la contraception. Après ça, plus tardivement, je me suis orienté vers la médecine générale . Ensuite, je me suis intéressé à toute la bioéthique mais sous l’angle chrétien.



Est-ce que c’est cela qui vous a conduit à vous intéresser aux questions de transhumanisme et de toutes ces questions-là ?

Absolument. Initialement j’étais plutôt très intéressé par le régionalisme, donc je suis un spécialiste du picard .



Comment avez vous été amené à passer du régionalisme à cette question du transhumanisme ? Est-ce que vous avez pris à un certain moment conscience des dangers que représentait cette philosophie et que s'est il passé ?

Oui bien sûr. Je dirai presque que c’est lié. Mes racines étaient chrétiennes . J’ai cherché pourquoi le régionalisme disparaissait et je suis arrivé à une conclusion très simple, c’est que le but était de transformer l’homme. Quand vous dites « transhumanisme », vous allez d’une humanité à une autre humanité. J’ai lutté beaucoup contre l’avortement avec le Professeur Lejeune. Je suis même allé à la Commission Berger qui traitait cette question de l’avortement avec le professeur Lejeune. J’ai organisé la diffusion de la déclaration des médecins pour le respect de la vie dans le nord de la France avec quelques confrères. Détruire une vie, c’était pour moi une chose abominable. Qu’elle soit dans les micro-dimensions d’un embryon ou qu’elle soit chez le vieillard en train de terminer sa vie, pour moi, c’était exactement la même chose. Et j’ai cherché le sens à cela qui était précisément la déshumanisation, la disparition de l’espèce humaine et le passage à un autre type de société et à un autre type d’humanité.



Peut-on dire que nous sommes en train de vivre aujourd’hui une véritable révolution ?


Ah oui, et je dirai même plus que cela, c’est une évolution, une révolution, « revolvere » c’est-à-dire changer les choses, c’est sûr. Mais cette volonté de changer, de faire des révolutions, elle est très vieille, elle est presque vieille comme le monde.


Mais sur le plan philosophique, ça s’est très bien concrétisé par exemple, par les valeurs de la révolution française où mes confrères comme Pinel, Guillotin, Marat prétendaient amener un homme nouveau. Il s’agissait de transformer l’humanité déjà et après ça, on a retrouvé cette philosophie par exemple dans le marxisme, dans le nazisme où il s’agissait de faire des hommes nouveaux. Mais les moyens qui étaient utilisés à cette époque-là étaient sans conteste complètement différents de ceux qui sont utilisés actuellement et le transhumanisme, c’est un loup déguisé en agneau. Pourquoi ? Parce qu’il promet aux gens de les guérir de toutes les maladies et il leur promet même l’immortalité. Donc les gens se laissent entraîner beaucoup plus facilement qu’au moment où on leur coupait la tête, ou qu’on les fusilla.



Dans votre livre sur la fin de l’humanité, vous allez jusqu’à dire que l’humanité ne peut pas survivre à cette évolution-là au-delà de 3 générations. Quels seraient les principaux dangers que vous voyez ?

J’avais passé mon temps à alerter les gens contre les conséquences de l’avortement. Les conséquences de l’avortement on les voit, les Français n’ont plus d’enfants, alors c’est l’islam qui s’installe. Je voyais toutes ces luttes que j’avais menées, c’étaient des luttes qui étaient négatives, il s’agissait de s’opposer, mais maintenant j’ai évolué, ceux qui nous avaient trompés se sont effondrés par eux-mêmes. Le communisme s’est effondré. Le nazisme n’en parlons pas. Alors je me suis dit, « il doit y avoir des failles ». Ces failles, elles étaient évidentes, elles se trouveraient manifestement au niveau de la génétique et surtout, au niveau du cerveau. Pourquoi ? La génétique est d’une complexité inouïe , c’est tout ce qui se trouve autour du noyau. On a découvert qu'autour du noyau de la cellule passe l'essentiel de l'information génétique, c'est ce qu'on appelle « l'épigénèse » Et on s’est aperçu maintenant que ces zones d’épigénétiques avaient des informations majeures à nous donner, mais ça allait plus loin, c’est que l’épigénèse, c’est nous-mêmes qui la formons. C’est-à-dire que 2 jumeaux qui arrivent au monde, des vrais jumeaux, ils devraient être exactement pareils et effectivement, quand ils sont petits, ils sont pareils, mais quand ils grandissent, ils deviennent différents. Eh bien, c’est l’épigénèse et ça, c’est la liberté que Dieu nous a donnée, c’est la liberté de choix qui fait que si on est stressé, si on tue quelqu’un, ou si on aime bien les gâteaux, et bien tout ça, c’est dans l’épigénèse. Et l’épigénèse, avant de comprendre comment ça fonctionne, on mettra des décennies.



C’est ce que vous dites quand vous affirmez que l’utérus artificiel n’est pas pour demain.

L’utérus artificiel c’est un autre aspect de la chose. J’ai approfondi cette notion parce qu’il y avait des expériences qui étaient en cours sur l’ectogénèse, le développement de l’enfant hors du sein maternel, ça s’appelle (l’éctogénèse) et là aussi, on se trouve devant des difficultés majeures. Pourquoi ? Parce qu’à partir de l’instant n°1 où l’embryon est fixé dans l’utérus, il se crée des liens entre la mère et son enfant et on est au tout petit début de la connaissance de cela.




On parlait tout à l’heure de la philosophie sous-jascente au transhumanisme. On a l’impression quand même qu’il y a un retour au bon vieux matérialisme du début du siècle, du scientisme d’Auguste Comte et finalement de cette vision scientiste que la science est la seule vérité possible et que par conséquent, tout ce qui est en dehors du domaine de la science est nul !

Tout à fait. C’était une conception qui existait avant la révolution. En 1741, un philosophe avait fait un livre qui s’appelait « L’homme machine ». Pour lui, l’homme se résumait à une machine. Ces idées existaient déjà avant la révolution française. Effectivement, il y a une continuité entre l’homme machine, entre les positivismes, et puis après ça, bien sûr, le marxisme qui est un matérialisme absolu et les théories d’Hitler qui voulaient changer l’homme à partir de la génétique par la sélection qui n’était plus la sélection naturelle. Il y a aussi les théories de Darwin qui sont en train de s’effondrer littéralement. Il y a deux directions, la première c’est justement l’épigénèse qui fait que l’homme se crée lui-même, il a son sort entre les mains, il est libre. Il n’y a pas de sélection naturelle. C'est énorme, gigantesque et les évolutionnistes sont par terre littéralement, ils ne savent pas quoi répondre. Deux évolutionnistes Stockler et Habler se sont mis à étudier le génome des espèces. On s’est aperçu que tout autour du noyau, c’est-à-dire hors du circuit génétique que l’on connaissait, il y avait des mitochondries. Qu’est-ce que c’est ? C’est la batterie, ce qui alimente la cellule . Leur caractéristique, c’est qu’elles sont quasiment indestructibles c’est-à-dire qu’elles permettent de remonter dans le temps et on en a trouvé tout autour par exemple dans les momies des pharaons. Autant la chair se putréfie, les noyaux éclatent, se sclérosent et avec eux on ne peut pas faire grand chose de l’ADN que l’on trouve sur les momies. En revanche, les mitochondries étaient très riches en information et les mitochondries elles-mêmes évoluent très très lentement. Ils ont étudié et comparé 100 000 espèces de toutes sortes d’animaux et stupéfaction, alors que c’était contre leur propre conviction, ils se sont aperçus que toutes les espèces étaient arrivées en même temps, ce qui correspond au récit de la Genèse, Dieu créant chaque espèce et l’une après l’autre. Ca, c’est le coup de massue. Les évolutionnistes prennent un coup terrible au point que leur seule réaction, c’est les insultes. Donc, l’évolution est maintenant remise en question par l’épigénèse .


Maintenant, si on revient à la question du transhumanisme, disons que ce qui est attractif pour les gens, c’est que ça leur apporte des promesses, comme vous l’avez noté tout à l’heure, de bienfaits dans la vie quotidienne. Mais est-ce que vous pourriez aussi évoquer les principaux dangers que ça représente ?

Le transhumanisme, c’est la disparition de l’espèce humaine. Je ne suis pas le seul à le dire, il y a maintenant plusieurs personnes qui le disent comme par exemple Testar. Testar dit que le transhumanisme mène à la fin de l’espèce humaine. Il s’est aperçu que sa découverte correspondait à entrebâiller la porte pour que se précipite l’eugénisme. Pourquoi ? Parce que avec la fécondation in vitro on fait ce qu’on appelle le diagnostic préimplantatoire dont je parlais déjà dans mon livre il y a 10 ans et qui permet de sélectionner les espèces humaines et de se débarrasser de tous ceux dont on ne voudra pas. Maintenant on sait, on les tue quand ils arrivent à la naissance parce qu’ils ont eu une fente palatine ou un pied bot. Il y a des pays qui envisagent d’autoriser de tuer les enfants à la naissance . C'est un retour au nazisme , mais un nazisme plus raffiné, plus acceptable. Mais en même temps, quand on parle de la GPA, c’est le retour à l’esclavage. Quelle va être la situation psychologique de ces enfants quand ils vont grandir ? C’est une véritable déshumanisation de l’être humain, une régression absolument terrible.



Comment se fait-il qu’il y ait cet engouement pour ce genre de théorie ? Est-ce qu’il n’y a pas derrière ça des intérêts économiques voire même politiques de la classe mondiale ?

La finalité c’est le transhumanisme. On appelle les GAFAM : Goggle, Amazone, Facebook, Apple, Microsoft. Amazone avait fait en 2016, 65 milliards de dollars de profit. Sur un article du Figaro, un journaliste expliquait que les deux A : Amazone et Apple avaient fait 1000 milliards de profit boursier l’année dernière. Quand on regroupe tous les profits des GAFAM, ça fait 4000 milliards et demi. Alors je suis allé regarder le budget de la France, c’est 360 milliards. C’est ça une puce à côté d’un éléphant, et ça ce sont ces gens qui nous dirigent et ce sont ces gens-là qui nous mènent au transhumanisme. C’est le phénomène associé au nouvel ordre mondial. Il y aurait une super-classe mondiale qui tire les ficelles .



Il y a une organisation qui se met en place et notamment avec Bruxelles. Bruxelles est très ancrée dans cette vision. On a l’impression que ces gens-là ne sont pas eux-mêmes libres de leurs mouvements, mais qu’ils sont manipulés.

C’est une caste et les progrès d’immortalité et autres, tout le monde n’en profitera pas, il faudra être éminemment riche pour pouvoir bénéficier de traitements à vie. Déjà, la Sécurité Sociale traîne la patte parce qu'elle trouve qu’il y a trop de vieux et que le plus simple serait de les euthanasier. Alors, ceux qui voudront vivre plus longtemps devront acheter et on s’acheminera vers une humanité à 2 vitesses ou à 3 vitesses avec ceux qui mènent le monde, les financiers qui mènent le monde et puis la piétaille, la plèbe.



Quel est le rôle dans cet ensemble-là qui prône actuellement cette fameuse théorie du genre que l’on est en train d’enseigner à nos enfants bien qu’ils disent que ce n’est pas le cas ?

C’est un défi direct à Dieu, c’est une atteinte à la vie, à la création. C’est la volonté de se substituer à Dieu. On se prend pour Dieu, on veut simplement supprimer les sexes et on va créer un nouveau sexe, le 3è sexe de Simone de Beauvoir. Ils le disent d’ailleurs, ils le disent, « nous sommes une religion ». C’est pas seulement une idéologie, c’est plus que cela, c’est une religion. C’est la religion de Satan, une religion anti-Christ. Quand on regarde le sigle de Apple, c’est une pomme avec un coup de dent C’est le serpent qui a tendu la pomme et qui a dit « allez, vous allez manger de ça ». Ca veut dire que nous, chrétiens, nous sommes dans une situation d’opposition frontale et directe avec cette idéologie-là.



Comment expliquez-vous comme vous le dites dans votre livre que les chrétiens non seulement ne s’en rendent pas compte mais que les ecclésiastiques se taisent. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Les ecclésiastiques se taisent parce qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe. Leur niveau intellectuel ne leur permet pas de vouloir anticiper. Ils vivent au jour le jour. Dans la dernière conférence que j’ai faite, c’était à Versailles. C’était uniquement pour des jeunes. Il n’y en a pas un qui a acheté une brochure ou un bouquin. Ils étaient 40 ou 50 – ils étaient venus à une conférence, c’est tout. Par exemple, une des forces de proposition du transhumanisme, c’est de greffer dans la tête des gens des pastilles informatisées, des micro-processeurs qui leur donneront des pouvoirs, donc des gens qui auront des pouvoirs supérieurs.

Dieu qui est derrière tout , c’est Lui qui sonnera la fin de la récréation et Il le fera brutalement. Il le fera d’autant plus brutalement, qu’on aura été loin



En attendant ce temps de Dieu, c’est une question que je voudrais laisser à tous les lecteurs : qu’est-ce que le chrétien de base peut faire ? Quelle doit être son attitude, comment est-ce qu’on peut résister et comment on peut vivre dans cette situation, dans ce monde qui est en bouleversement et surtout les jeunes ?

J’ai écrit un cahier au sujet des écrans, mais en me plaçant sur le plan médical. Les écrans, c’est une catastrophe, c’est un des moyens les plus importants du nouvel ordre mondial parce que ça détruit l’intelligence. Pourquoi ? Parce qu’on est passif devant un écran. Je vais vous donner un exemple : il y a un américain qui s’appelle Flynn, il avait déterminé, on appelle ça le projet Flynn. Il a constaté que précédemment, disons, avant l’arrivée des écrans que les générations avaient un QI qui augmentait d’une génération à une autre, autrement dit, nous, nous sommes plus intelligents que nos parents, nos parents plus intelligents que leurs parents à eux, et ça, ça s’est arrêté brutalement en 1970. C’est l’apparition des écrans et de la TV, la généralisation de la TV et il dit que maintenant, nous allons en régressant et que depuis cette époque-là, les enfants ont perdu 2 fois 6 points de QI, sur 100, 2 points sur 100, ce qui est considérable c’est que l’enfant moyen nous ramène 50 ans en arrière ou 100 ans en arrière au point de vue intelligence et développement intellectuel. On assiste à une atrophie de l’intelligence, celle du cerveau par exemple



Concrètement, pratiquement, quelle doit être l’attitude des chrétiens aujourd’hui, pas seulement des gens de notre génération, mais quels conseils, vous qui êtes comme moi un ancien, donneriez-vous aux jeunes aujourd’hui ?

La première chose que je dirais, c’est de passer la TV par la fenêtre. Je ne veux pas me laisser forger par des gens qui mentent tout le temps et deuxièmement , je ne veux pas me laisser détruire l’esprit par un appareil ou par ces gens-là qui nous parlent et qui sont des menteurs. Il y a ce qu’on vous dit et il y a ce que l’on vous dit pas. Il faut commencer par mettre en question ce que l’on vous dit et prendre le recul devant tout ce qu’on vous dit.



Le docteur Dickès s'est éteint en août 2020, quelques mois après Jean-Marc Thobois. Il est aussi l'auteur de deux ouvrages sur le transhumanisme : La fin de l'espèce humaine et L'ultime transgression





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