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L'EAU DANS LA BIBLE

Dernière mise à jour : 25 avr.

Article paru en 2000 dans le Keren n°46 "Israël et le problème de l'eau"



"un bon pays de cours d'eau qui jailliront des rochers et des montagnes... (Deutéronome g v 7)"


Ainsi s'exprime la Bible sur le pays d'Israël qui pourtant n'a pas de grands fleuves comme l'Egypte ou la Mésopotamie. Par contre, le pays est riche en petits cours d'eau.


C'est auprès de ces cours d'eau que se sont développés les anciens établissements humains.

En Israël, la ligne de partage des eaux va du nord au sud, si bien que les cours d'eau coulent son en direction de l'est, soit en direction de l'ouest. Ceux qui coulent vers l'ouest se jettent dans la Méditerranée, ceux qui coulent à l'est dans le Jourdain et la mer Morte ou la Arava.


Ainsi le Qichôn qui coule dans la plaine d'Izréel au pied du Tabor est le plus long de ces cours d'eau. Il est cite dans le cantique de Débora et il est connu pour ses crues subites et brutales (Juge 5 v 21). Il se jette dans la mer près de Haïfa.


D'autres cours d'eau descendent du Carmel tel le Nahal Tinianim qui est le plus limpide de tous les cours d'eau d'Israël. Tous ont des crues fréquentes ce qui permet jusqu'à ce jour de créer de vastes bassins de pisciculture.


Dans la plaine du Sharon, le cours d'eau le plus important est le Yarkon qui arrose Tel Aviv, le Besor est le plus important des cours d'eau du nord du Néguev. Il passe près de Beer Sheva. D'autres cours d'eau descendent de Transjordanie dans le Jourdain tels le Yarmouk, le Yabok, l'Arnon et le Zeerd souvent cités dans la Bible. La plupart de ces cours d'eau sont des oueds : torrents à sec la plupart du temps, qui ne charrient d'eau que lors des pluies d'hiver, comme le rappelle le Psaume 126 : "Ramène, ô Eternel , nos captifs comme les oueds dans le Néguev"



LES COURS D'EAU DANS LA BIBLE


Dès la plus haute antiquité, l'homme s'est établi le long des cours d'eau.

Eaux, sources, fleuves, rivières, sont cités dans la Bible et ont une signification spirituelle, ces mots sont synonymes de vie. Dans le récit de la Création, les eaux apparaissent dès le premier jour : "L'Esprit de l'Eternel planait au-dessus des eaux" (Genèse 1 v 2).



Pour les rabbins, les paroles de la Thora coulent comme de l'eau selon qu'il est écrit: « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux». Comme l'eau se répand sur toute la surface de la terre, ainsi en est-il des paroles de la Thora De même que les eaux apportent la vie à la terre de même les paroles de la Thora apportent la vie au monde. De même que les eaux qui tombent goutte à goutte finissent par former de grands fleuves, de même l'homme qui apprend un verset ici et là finit-il par être semblable à un fleuve impétueux. De même que les eaux descendent du point le plus haut vers le point le plus bas, de même les paroles de la Thora descendent-elles vers ce qu'il y a de plus profond dans le cœur de l'homme.


Dans le jardin d'Eden, se trouvait un fleuve qui se divisait en quatre bras (Genèse 2 v 10).

Le Jourdain pour sa part fut toujours considéré comme un fleuve sacré. Là, Naaman fut guéri de sa lèpre pour s'y être baigné selon l'ordre du prophète Elisée. Le fleuve s'était miraculeusement ouvert devant Josué. Là, Jésus fut baptisé par Jean- Baptiste ainsi qu'une multitude d'israélites avant Lui. Car l'eau dans la Bible a aussi un pouvoir purificateur. Le fleuve, notamment le Jourdain, est à la fois frontière et moyen de relation.


Ainsi naquit le mythe du fleuve Sambatyon, ou fleuve du Shabbat qui selon la légende marquait la frontière du territoire des dix tribus perdues. Comme son nom l'indique, ce fleuve s'arrêtait de couler le septième jour où l'on ne doit pas voyager. Le reste de la semaine c était un fleuve infranchissable, c 'était pour les rabbins une manière de dire que le territoire des dix tribus était hors d'atteinte des Juifs.



"COMME DES TORRENTS DANS LE NÉGUEV"


Selon une autre légende, quand Satan voulut empêcher Abraham d'offrir son fils Isaac en sacrifice, il fit couler devant le patriarche un énorme fleuve infranchissable. Ce dernier adressa alors à Dieu une prière et le fleuve sécha instantanément.


Les fleuves ont servi de frontières politiques, géographiques, stratégiques tels le Jourdain et l'Euphrate.


Selon la Bible lors du retour du Messie les fleuves joueront un grand rôle. Les captifs d'Israël reviendront comme des oueds dans le Néguev. Ce qui signifie que la rédemption sera un événement soudain et dramatique comme une tornade dans le désert desséché.


Job, de son côté, compare ses amis à un cours d'eau trompeur dont les eaux se gonflent en un instant mais se dessèchent aussi rapidement (Job 6 v 15-16)


Le temple de Jérusalem est aussi comparé à une source vers laquelle se tourne le psalmiste épuisé comme une biche assoiffée (Psaume 42 v 2).


Un cours d'eau paisible est l'image de la paix et de la tranquillité. "Combien est précieuse ta bienveillance, ô Dieu ! A l'ombre de tes ailes les humains se réfugient. Ils se rassasient de l'abondance de ta maison, et tu les abreuves au torrent de tes délices.» (Psaume 36 v 8-9)


Le psaume 23 évoque pour sa part les eaux paisibles vers lesquelles le bon berger mène ses brebis.


Parmi les cinq disciples de rabbi Yohanan Ben Zakaï, rabbi Eliezer Ben Ara était, disait son maître, comme une Fontaine débordante. C'est aussi ce que disait Jésus des siens : «Si quequ'un croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein». Il tenait les mêmes propos à la samaritaine au puits de Jacob : «Celui qui boit de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle. »

L 'évangéliste Jean précise que Jésus parlait ainsi de l'Esprit-Saint qui devait être répandu après que Jésus ait été «glorifié». Aussi est-il le seul à préciser que de son côté percé sur la croix sortirent de l'eau et du sang, comme jaillissait de l'eau dans le désert quand Moïse frappa la rocher d'Horeb.



Pour Nahman de Breslau, l'eau est l'image de la vie divine qui conserve le monde : "au centre du monde, il y a une grande montagne et un rocher d'où sort une fontaine !" Peut-être est-ce une allusion à la cérémonie du puisage de l'eau qui avait lieu le septième jour de la fête des tabernacles, le grand jour de la fête où le grand prêtre adressait à Dieu des prières pour une année abondamment bénie par des pluies abondantes, et répandait devant l'Eternel de l'eau puisée à la fontaine de Siloé en disant avec le prophète Esaïe : "Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut". C'est, nous dit l'apôtre Jean, à cette occasion que Jésus déclara "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive !"


Dans le Psaume 1, le juste est comparé à un arbre planté près d'un courant d'eau, l'eau étant alors l'image de la Thora, source de tout succès cité aussi dans Esaïe 55 : "Vous tous qui avez soif, venez aux eaux !"

Ces eaux qui, selon le prophète, sortiront du temple de Jérusalem, source de purification pour le péché et l'iniquité, en sorte que la connaissance de l'Eternel remplira toute la terre au temps de la fin.



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