Jérusalem : capitale des 3 religions ?

Une lectrice de notre revue nous pose la question suivante: « Y a-t-il mise à niveau des trois religions pour en gommer les différences et toutes chronologies ? » « Tout serait-il du pareil au même, à l'instar du « mariage pour tous », ces religions sont-elles vraiment fondées sur le même livre ? ».


Jérusalem, capitale des trois religions, est un lieu commun qui traîne partout depuis que le grand public et les média s'intéressent à l'Islam. Il s'agit de démontrer que l'Islam est parfaitement compatible avec les bases judéo-chrétiennes de notre civilisation occidentale, qu'il n'y a donc pas lieu de redouter le « choc des civilisations ». A partir de cette idée, non seulement un dialogue avec l'Islam est possible, mais il est même souhaitable et on s'en prend à rêver d'une sorte d'œcuménisme où les trois « religions-sœurs » constitueraient les bases d'une nouvelle avancée civilisationnelle.

Ce thème est traité de mille manières par les média, les hommes d'église, les politiques qui cherchent avant toutes choses à éviter toute forme d'islamophobie.


Hélas, la réalité est moins rose. Pour arriver à de telles conclusions, il faut faire une approche superficielle du problème et laisser de côté de nombreux points de divergence.


Qu'il existe entre le christianisme et le judaïsme, une relation unique, la chose n'est pas douteuse, le Nouveau Testament en rend abondamment témoignage, notamment dans la parabole de l'olivier de Romains 11, Paul évoque le peuple d'Israël comme « les racines qui nous portent ». Pour la Bible, les non-juifs, c'est à dire les chrétiens, ne peuvent connaître le Dieu unique et universel qu'à la condition qu'ils reconnaissent qu'il est d'abord le Dieu d'Israël. D'ailleurs, Dieu se définit comme : « le Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël (Jacob) ».


Ce Dieu ne peut être connu qu'au travers de la révélation qu'il a donnée à Israël : la Bible. Cette révélation unique donnée à un peuple unique est pour tout être humain le SEUL moyen de s'approcher de Dieu et de le connaître. Sans Israël, les chrétiens des Nations ne sont rien. Par la foi en Jésus, ils ont été introduits dans « la politéïa d'Israël », c'est à dire dans la communauté d'Israël, au sens large (Ephésiens 2). Ils ne sont donc plus des étrangers par rapport à Israël et Israël n'est plus pour eux, un peuple étranger.



1 Corinthiens 10 verset 1, Paul s'adresse aux Corinthiens qui sont des grecs « pur sang », et parle de « nos pères », c'est à dire de ses pères à lui Paul le Juif, mais aussi des Corinthiens qui eux, n'ont aucun lien biologique avec les « Pères d'Israël ». Mais, pour Paul, la foi en Jésus fait en sorte que l'histoire d'Israël devient aussi celle des chrétiens-non juifs, c'est dire si pour l'apôtre, le lien qui unit chrétiens et Juifs, est fort ! Or, à l'inverse, le dieu de l'Islam, Allah, n'est pas le Dieu d'Israël et n'a aucun lien avec ce peuple. Allah est une des nombreuses idoles du panthéon de La Mecque que le « prophète » a privilégiée en l'honneur de son oncle qui fut son mentor et sans doute le vrai fondateur de l'Islam, Abdallah, ce qui signifie en arabe : «serviteur d'Allah ».


Allah était d'ailleurs une divinité lunaire, c'est la raison pour laquelle jusqu'à ce jour, le symbole de l'Islam est un croissant. Selon la mythologie mecquoise, il avait d'ailleurs 5 filles...

Mahomet a déclaré qu'Allah était le dieu unique universel, qu'avant les arabes, juifs et chrétiens avaient adoré. Il a ainsi cherché à se brancher sur ces traditions anciennes. Or, il est certain qu'Allah n'a rien à voir avec le Dieu des Juifs et des Chrétiens, d'abord par son caractère, c'est un dieu lointain qui ignore l'amour, qui a tout pré-déterminé d'avance, ne laissant à l'homme aucun espace de liberté, d'où le fameux fatalisme arabe « nektoub », c'est écrit !

C'est en outre, un dieu cruel et guerrier qui exige la « guerre sainte », le djihad, pour la propagation de la foi et exige que les infidèles soient: ou tués, ou réduits en esclavage. Il permet d'ailleurs aux croyants de mentir et de trahir les infidèles si les intérêts de l'Islam sont en jeu.

En tant que chrétiens, il m'est difficile de reconnaître en ce dieu-là, le Dieu que j'adore.


Les relations entre l'Islam, le Judaïsme et le Christianisme sont particulièrement ambigües.

D'un côté, le coran affirme que la révélation donnée à Mahomet est la continuité de celle donnée aux Juifs et aux Chrétiens. Cette affirmation est indispensable pour authentifier la nouvelle religion, c'est pourquoi l'Islam récupère, s'approprie « au besoin par la force », les traditions et les lieux saints des Juifs et des Chrétiens, après les avoir islamisés. Pour cela, on n'hésite pas à réécrire l'histoire, ainsi ce n'est pas Isaac qui a été sacrifié par Abraham, mais Ismaël. L'évènement s'est produit à La Mecque et non pas à Jérusalem. Jérusalem aurait été une ville arabe depuis les origines et son nom devient « Al Quds » (la sainte...) Les cananéens, ou les philistins, auraient été les ancêtres des palestiniens. Il n'est pas jusqu'à Jésus qui soit devenu un prophète arabe (Issa...)


Le coran est un patchwork de tout un ensemble de traditions qui ont été récupérées par le «prophète ».On y trouve d'abord d'anciennes légendes arabes, puis des récits bibliques, transmis d'ailleurs plus ou moins fidèlement, n'oublions pas que Mahomet était illettré. Ainsi, l'arche de Noé ne s'est pas arrêtée sur le Mont Ararat, mais sur une autre montagne.

On trouve également des « midrashim » juifs (légendes) et chrétiens, telle par exemple la légende des 7 dormants... Ensuite, des hérésies issues de groupes marginaux réfugiés en Arabie pour échapper aux persécutions des autorités chrétiennes byzantines. On note dans le Coran deux hérésies majeures : l'hérésie arienne, pour laquelle bien que Jésus soit le Messie, né de la vierge Marie et conçu du Saint Esprit, il n'est pas Fils de Dieu, mais un simple prophète qui se reconnaît lui-même comme inférieur à Mahomet dont d'ailleurs , il annonce la venue dans l'Evangile de Jean.


Selon l'Islam, le « consolateur » de Jean 15, n'est pas le Saint-Esprit, mais Mahomet lui-même. Les chrétiens qui refusent de croire en Mahomet sont donc coupables de désobéir à l'ordre de Jésus et s'ils persistent dans leur rébellion, ils seront tués par ce même Jésus, lors de sa parousie au dernier jour. La deuxième hérésie qu'on trouve dans le Coran est l'hérésie docète pour laquelle, Jésus n'a pas été crucifié, Dieu lui a substitué un sosie qui a été mis à mort à sa place, tandis que lui Jésus était enlevé au ciel. On le voit, le Jésus de l'Islam est bien loin du Jésus de la Bible.


Bien sûr, le Coran est conscient de ce hiatus entre la Bible et le Coran. Il a l'audace de prétendre que ce sont les Juifs et les chrétiens qui ont falsifié la vérité et que c'est le Coran qui a rétabli les faits réels. Cette falsification alliée au rejet de la révélation de Mahomet a pour les Juifs et les chrétiens de graves conséquences. Non seulement la révélation coranique est la seule vraie révélation, mais c'est aussi la dernière révélation, et la plus parfaite !



Il n'y en aura plus d'autre... Mahomet est le dernier prophète de l'histoire. De ce fait, la révélation coranique supplante toutes les révélations qui l'ont précédée et les abolit. On est ici en face d'une nouvelle forme de la théologie de la substitution. De ce fait, Juifs et Chrétiens sont dans une position d'infériorité par rapport aux musulmans. Les Juifs représentent la révélation la plus grossière, celle donnée aux chrétiens est un peu plus raffinée, mais elle reste très imparfaite par rapport à l'Islam. Il y a aussi une progression chronologique: la révélation islamique étant la dernière, elle est donc la meilleure.

Juifs et Chrétiens sont néanmoins considérés comme « gens du livre », c'est à dire qu'ils ne sont pas entièrement idolâtres et peuvent être tolérés au sein de la société islamique, mais en tant que « dhimmis », c'est à dire « soumis », jouissant d'un statut social inférieur à celui des musulmans.


C'est cet aspect de « gens du Livre » que l'Islam souligne quand il veut se présenter sous un jour favorable aux Occidentaux: on souligne le fait que ces trois religions sont monothéistes et basées sur un livre qui est la révélation commune de ce Dieu unique, dès lors il est possible de dialoguer et de s'entendre, à condition que ce dialogue se termine par la reconnaissance de la supériorité de l'Islam. Or, Judaïsme et Christianisme ne sont pas des religions du livre, ce sont des religions de LA PAROLE; Seul l'Islam est une religion du livre, car elle est basée sur un livre qui a d'abord été écrit. Selon la tradition, Mahomet a été amené à transcrire mot à mot ce que l'ange Gabriel lui révélait, par contre la Bible est une parole qui a été dite avant d'être écrite: « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu » (Jean 1 verset 1)


C'est pour que le souvenir s'en conserve, qu'elle a fini par être mise par écrit.

L'idée de « religion du livre » est un concept islamique. Lorsqu'ils s'en réclament, juifs et chrétiens ne se rendent pas compte qu'ils acceptent implicitement la conception islamique d'une infériorité structurelle et fondamentale de leur religion par rapport à l'Islam.


En conclusion, il faut donc refuser avec la dernière énergie l'idée que l'Islam puisse être une religion monothéiste semblable au Judaïsme et au Christianisme. Il faut affirmer haut et fort qu'Allah n'est pas l'Eternel, mais une idole mecquoise, sans rapport avec le Dieu d'Israël. Enfin, il faut nier avec la dernière vigueur que Judaïsme et Christianisme soient des religions du livre à l'instar de l'Islam.

Ne pas le faire, c'est tomber dans le piège tendu par nos adversaires qui savent où ils veulent nous mener : à l'auto-destruction et à la négation de nos propres traditions.




923 vues16 commentaires

Posts récents

Voir tout