Visite secrète de Netanyahou en Arabie Saoudite

Mis à jour : 7 déc. 2020

Lundi dernier, tous les médias israéliens faisaient leur « Une » sur la visite secrète du premier ministre Benyamin Netanyahou en Arabie Saoudite, le dimanche 22 novembre.

Une visite pas si secrète, finalement… Il faut bien comprendre qu’en Israël, l’armée se réserve le droit de censurer des informations de valeur stratégique pour la sécurité du pays. Si cette information a pu être révélée, c’est que le gouvernement a donné son accord au préalable.



Visite « secrète » pour rencontrer Pompeo et MBS


La semaine dernière, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le « Mister diplomacy » des États-Unis, était en tournée au Moyen Orient. Il s’est notamment rendu dans les implantations juives de Judée Samarie, qu’il avait reconnues comme légales en 2018, au vu du droit international. Surtout, Pompeo a continué sa visite en Arabie Saoudite, où il a rencontré le prince-héritier Mohamed Ben Salman (MBS).


Cette tournée n’est pas anodine : alors que le résultat des élections va se jouer dans les prochaines semaines, dans les tribunaux de plusieurs états américains, voire de la Cour Suprême, l’administration Trump n’est pas sûre de rester au pouvoir en janvier prochain.


Or, si l’administration Biden réussit à s’imposer (illégalement, il faut le dire), elle reviendra sur les Accords de Vienne, concernant le nucléaire iranien. Cela serait très dangereux pour Israël et les états arabes de la région, car l’Iran serait à nouveau renforcé.


Comme Israël, les états arabes sont très inquiets pour l’avenir, si Trump venait à partir. Aussi, les rapprochements se sont intensifiés au Moyen Orient, d’où la visite de Netanyahou en Arabie Saoudite. Le premier ministre israélien était d’ailleurs accompagné par Yossi Cohen, le chef du Mossad et grand artisan du rapprochement d’Israël avec ses voisins arabes.



Fin du paradigme « normalisation contre la création d’un état palestinien »


L’Arabie Saoudite, en tant que gardienne des lieux saints de l’Islam, se montre prudente dans la communication sur ses relations avec Israël. Le vieux roi Abdelaziz Al Saoud est encore imprégné de la géopolitique régionale des années 70-80, pour laquelle le problème « palestinien » empêchait tout lien entre son pays et Israël jusqu’à ce jour.


Mais son fils, le prince héritier Mohamad Ben Salman, a, lui, bien compris la nécessité pour l’Arabie Saoudite de se projeter sur l’avenir où le pétrole ne constituera plus une richesse première. Il faut donc trouver des alliés dans la région, surtout pour lutter contre la puissance régionale qui effraye beaucoup en ce moment : l’Iran.


MBS (le prince héritier) est ainsi très favorable à une ouverture diplomatique vers Israël. D’autant que le problème « palestinien » irrite cette nouvelle génération de dignitaires arabes, qui n’y voit qu’un gouffre financier pour leurs pays, sans avoir la moindre reconnaissance des Palestiniens. Récemment, une délégation émiratie est venue prier sur le Mont du temple (esplanade du rocher) à Jérusalem. Des Palestiniens les ont expulsés de l’une des mosquées, en les insultant violemment…

MBS et Trump


Quel pourrait être le but de cette visite en Arabie Saoudite ?


On peut distinguer deux buts, dans cette visite éclair de Netanyahou, tout en sachant que l’un n’empêche pas l’autre.

Tout d’abord, cette visite avait sûrement pour vocation de rapprocher Israël et l’Arabie Saoudite. Dans la lignée des accords de paix avec le Bahreïn et les Émirats Arabes Unis, les pays arabes de la région se rapprochent ouvertement d’Israël, ce qu’ils ne faisaient jusqu’à présent qu’en secret.


Les accords « Abraham », de septembre dernier, ne pouvaient se faire sans l’autorisation au préalable de l’Arabie Saoudite, grande puissance du Golfe et du monde arabe. C’est particulièrement vrai pour les Émirats Arabes Unis qui sont des vassaux des saoudiens. Cette première étape servait en fait de « test » pour préparer une future normalisation avec l’Arabie Saoudite.


Même si la normalisation entre Israël et l’Arabie Saoudite risque de prendre encore un peu de temps, à cause de la longévité du roi, il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons dans cette direction. Et cette visite de Netanyahou en Arabie est un pas de plus dans cette voie. Pour rappel, les Israéliens sont interdits de fouler le territoire « saint » de l’Arabie.



Une attaque sur l’Iran en préparation ?


La deuxième raison serait qu’une attaque sur l’Iran et ses infrastructures nucléaires serait en préparation. Viendrait-elle des Américains ? Des Israéliens ? En effet, en l’absence de certitude de rester au pouvoir, l’administration Trump pourrait envisager d’intervenir contre l’Iran avant janvier. Sentant le vent tourner, depuis quelques semaines, les Iraniens et leurs supplétifs intensifient leurs opérations contre les États-Unis, Israël et les pays du Golfe.


L’ambassade américaine en Irak a été visée par des tirs de mortiers. Un missile iranien Quds-2, tiré par les rebelles yéménites Houthis, a touché une raffinerie de pétrole saoudienne le 24 novembre. Le djihad Islamique a lancé plusieurs roquettes, ces derniers jours, sur Israël et un commando du Hezbollah a placé des explosifs en zone militaire israélienne, près de la frontière syrienne.



En réponse, Israël a effectué de nombreux raids aériens sur des cibles iraniennes ou pro-iraniennes en Syrie. Le ministre de la défense israélienne, Benny Gantz, s’est rendu plusieurs fois aux États-Unis pour rencontrer son homologue américain, Mark Esper.

Surtout, les États-Unis ont envoyé 6 bombardiers B-52, véritables forteresses volantes, au Koweït.

Les prochaines semaines s’annoncent décisives dans ce domaine, alors que les Iraniens souhaitent toujours venger la mort de Qassem Suleimani, n°2 du régime iranien, tué en janvier 2020 par une frappe américaine…


Encore une fois, les évenements se précisent et vont dans le même sens: tout est prêt pour que les dernières prophéties pré et post enlèvement (ou "rassemblement") s'accomplissent. La relation amicale entre l'Arabie et Israël était de l'ordre de l'impossible il y a moins de 10 ans. Et pourtant ! La Bible était claire et l'actualité le confirme. Les acteurs sont prêts: ne manque que les trois coups pour ouvrir la pièce !

bombardier B-52 américain

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