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Ne perds pas ton âme !

Dernière mise à jour : 25 avr. 2023


Cet article veut être un cri d'alarme, mais en même temps un signe d'espoir. Jamais peut-être, la foi biblique ne fut plus menacée à l'échelon de la planète entière. Ce ne sont pas dans nos pays libres les persécutions qui la mettent en danger, mais c'est une réalité plus subtile : le danger culturel. Sous nos yeux s'opère une révolution culturelle à l'échelle mondiale qui détruit toutes les valeurs pour les remplacer par le seul culte du progrès technique.


Cette culture nouvelle dans sa lettre comme dans son esprit est diamétralement opposée aux valeurs judéo-chrétiennes et comporte une véritable apologie du péché (Rom. 1)


Mais l'évolution toute entière de la société est réductrice de toute originalité et de toute spécificité. Il s'agit d'intégrer chaque homme dans le système. La notion même de vérité est remise en question, il n'y a de vérité que relative et statique, objet d'un consensus social ; malheur à celui qui n'y adhère pas ! Les médias modernes, notamment la télévision, exercent sur les esprits une pression grandissante et un véritable conditionnement.


Israël est à ce sujet un signe d'espérance. Sa survie providentielle dans un contexte d'exil difficile nous permet de tirer des leçons.


La première et la principale est son attachement à la Bible, l'amour de son étude. Dans ce domaine, une sérieuse remise en question s'impose au niveau du peuple de Dieu. On y lit de moins en moins, et notamment la Bible. La superficialité dans sa connaissance et son étude tendent à se répandre. C'est le plus gros sujet de préoccupation et d'inquiétude pour l'avenir et il serait temps que les responsables spirituels reprennent conscience du problème et réagissent en conséquence.


Le deuxième élément clé de la survie est l'unité de la cellule familiale, il est clair que dans la société globale, celle-ci est menacée : mariages à l'essai, amour dit libre, concubinage... deviennent la norme, à tel point que le peuple de Dieu lui-même s'interroge et insensiblement glisse dans cette évolution. Déjà de nombreuses églises ne tolèrent-elles pas le divorce et le remariage des divorcés, voire pire ?



Savoir dire "Non"


Les croyants n'échappent pas à cette évolution. Il semble qu'on assiste à un véritable filet qui s'abat sur eux, les enlace à leur insu et les conduit à perdre conscience des choses saintes comme Jésus l'avait annoncé, le péché ayant grandi, l'amour du plus grand nombre se refroidit ; il y a perte de substance, le sel perd sa saveur ; il y a perte d'identité car on ne sait plus et on n'ose plus dire "non".



Un autre front essentiel du combat concerne la transmission de l'Evangile aux jeunes générations. Ces dernières sont les plus menacées par la mutation actuelle du monde. Il y a de nombreuses leçons à tirer de la manière dont Israël a résolu ce problème et mérite qu'on y accorde la plus grande attention : "Ce que tu as entendu de moi, disait Paul à Timothée, transmets-le à des hommes fidèles qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres". Ce faisant, Paul se situe pleinement dans la vision d'Israël des "engendrements spirituels".


On raconte que lorsqu'à Yavné on vint annoncer au rabbin Yohanan Ben Zakai que le temple était détruit, ce dernier déchira ses vêtements et s'écria "tout est perdu mais il nous reste la Thora !" Aujourd'hui, la civilisation judéo-chrétienne s'écroule de façon irréversible mais le solide fondement de la Parole de Dieu reste debout et est l'unique sauvegarde du peuple de Dieu.


Notre société libérale et tolérante ressemble aussi à la société hellénistique et à son exemple pourrait bien devenir intolérante et persécutrice au nom-même de la liberté et de la tolérance !



Des signes inquiétants


Il est tout à fait intéressant de constater que des différences qui sont ouvertement encouragées et dans lesquelles se réfugient les hommes de ce temps pour conserver leur identité qui va s'effritant, sont d'ordre folklorique, ce qui n'est pas négligeable, mais ne remettent pas fondamentalement le système en question. En fait, nous devons reconnaître qu'il s'agit là de l'apparition du monde de l'antichrist et de son système.


Les états modernes, qu'on le veuille ou non, évoluent lentement vers des systèmes de plus en plus totalitaires ne serait-ce qu'en raison de la formidable puissance technique qui est à leur disposition. C'est la liberté-même qui à terme est en jeu. A quand une sorte de divinisation de l'état ? Ne parle-t-on pas déjà d'état providence et le domaine politique n'est-il pas le champ d'un nouveau "sacré" ?


On pourrait aussi s'inspirer utilement du rôle des académies dans la diaspora juive. Ces centres d'études de la Thora, où se retrouvaient les plus hautes autorités spirituelles pour prier et étudier la Parole de Dieu afin d'y trouver des réponses pour le présent dans de véritables hauts-lieux spirituels où l'on montait de tous les endroits de la diaspora pour y chercher des directives spirituelles et approfondir sa foi.


Ce n'est pas d'une meilleure organisation, d'un meilleur management que le peuple a besoin en ce temps-ci, mais d'un approfondissement spirituel important. Il s'agit d'enseigner une foi vécue de la pratique, non une philosophie ou une métaphysique, mais un mode de vie conforme à la Bible dans tous ses aspects.


Au Moyen-âge, la réponse des juifs au défi du monde ambiant fut l'approfondissement de la foi. Ne faudrait-il pas qu'il en soit de même aujourd'hui pour le peuple de Dieu ? Que se crée alors une véritable unité spirituelle respectant l'autonomie des communautés locales. N'est-ce pas déjà ainsi que vivait l'Eglise primitive ? Il faut que l'évangile soit à nouveau le centre de la vie du peuple de Dieu qui vivra alors une unité spirituelle profonde des membres de la communauté s'épaulant et s'entraidant mutuellement.



Si je t'oublie Jérusalem


Il ne s'agit pas de s'enfermer dans un ghetto à l'exemple des juifs de l'époque macchabéenne. On peut certes utiliser les éléments extérieurs de la culture, mais le peuple de la nouvelle alliance n'a pas d'état d'Israël pour le dynamiser. Par contre, il est en route vers la Jérusalem céleste. Plus que jamais le croyant est "étranger et voyageur" sur la terre.


Etre étranger c'est d'abord savoir dire "non" à un certain nombre d'éléments de la culture et de l'évolution, c'est refuser l'intégration et l'assimilation comme le juif l'a fait tout au long de son histoire. C'est refuser de minimiser les différences.


Etre étranger, c'est user du monde comme n'en usant pas ; c'est-à-dire vivre sobrement dans un recul et une distance qui fait qu'on n'est jamais totalement impliqué. C'est prendre du champ par rapport à bien des réalités de ce monde pour conserver l'essentiel tout en se gardant de toute marginalisation intempestive. A l'exemple des Macchabées, c'est utiliser les instruments de la culture moderne sans se laisser transformer en profondeur par eux. C'est pourquoi le remplacement de plus en plus prononcé de la prédication de la Parole de Dieu par le spectacle dans bien des églises est l'un des éléments les plus alarmants de ce temps. Si nous cessons d'être le peuple du livre, nous perdons notre âme.


"Applique-toi à la lecture", disait Paul à Timothée. Le fait est que dans notre société en général, on lit de moins en moins, pour regarder de plus en plus. Il y a là une transformation en profondeur que peu perçoivent et à laquelle l'église n'échappe pas.




Ne vous conformez pas !


Une réaction à ce niveau, notamment en ce qui concerne la jeune génération s'impose. Dans certains états américains, n'en est-on pas allé jusqu'à remplacer toute la signalisation routière par des symboles parce que 25% des jeunes conducteurs étaient incapables de lire aisément ? C'est pour ces mêmes raisons que certains cours d'école du dimanche ou de catéchisme ont remplacé la lecture biblique par le spectacle en raison de l'incapacité des jeunes à lire couramment. Ne vaudrait-il pas mieux dès lors faire ce que fit la réforme du 16e siècle, réapprendre à lire aux jeunes et leur redonner le goût de la lecture.


La crise qui touche la presse écrite en général se répercute aussi au niveau des journaux chrétiens. Elle est liée au désir de la facilité et de la superficialité qui provoque une désaffection croissante pour les livres et journaux spirituels ; il y a là de quoi s'inquiéter.


En dépit de cette évolution, le croyant recherche "le bien de la ville dans laquelle il est captif" comme le disait le prophète Jérémie (29 : 7) "car votre paix dépend de la sienne" mais il s'agit de rechercher le bien véritable selon la volonté de Dieu.


Etre étranger c'est aussi "revenir au désert", dans un dépouillement qui permet de rencontrer à nouveau le Seigneur dans une révélation indispensable pour triompher dans ce temps. A ce sujet, n'est-ce pas aussi le moment de rechercher des formes nouvelles adaptées aux églises ?


En fin de compte, le message biblique pour notre temps se résume en la parole de Paul "Ne vous conformez pas au monde présent" (Romains 12 : 2). Il ne s'agit pas de se marginaliser mais de réaliser que lorsque l'essentiel est en jeu, il y a un choix à faire.



"Que servirait-il à un homme de gagner le monde s'il perdait son âme."

( Marc 8 : 36)







Article paru dans Hashomer n°32 en 1985

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