Les traumatismes des enfants d'Israël



Le chanteur Moshe Peretz à Sdérot (source : Keren Hayessod)

Suite à la guerre lancée par les arabes sur Israël et à l'opération israélienne « Gardien des murailles » pour la contrer, au mois de mai, l'association du Keren Hayessod a organisé une campagne parrainée par le chanteur israélien Moshé Peretz, afin de faire connaître les difficultés extrêmes que vivent les enfants de Sdérot, en première ligne.


En effet, pendant 11 jours consécutifs, les habitants d'Israël se sont retrouvés sous un déluge de feu puisque, pas moins de 4 360 roquettes et missiles se sont abattus sur de nombreuses villes du pays, dont, évidemment, la ville de Sdérot toute proche.

Grâce au système du « Dôme de fer », 90 % de ces roquettes ont été heureusement interceptées. Sans quoi, ce sont des milliers d'israéliens qui auraient perdu la vie, tandis que le bilan des morts s'élève finalement à 13 morts...


Il faut tout de même savoir (et ce ne sont pas nos médias qui nous l'ont annoncé...) que 680 roquettes lancées par le Hamas sont retombées sur Gaza même, tuant au passage de nombreux civils...



On imagine mal la vie des habitants, et en particulier des enfants, pendant ces jours (et ces nuits) de cauchemars...

Certains d’entre eux, redeviennent dépendants, ne veulent pas se séparer de leurs parents et adoptent des comportements régressifs. Ils sont anxieux, ont peur, sont tristes, font des cauchemars… D’autres s’enferment dans des stratégies d’évitement : ils s’isolent ou peuvent encore ressentir de la colère. Il y a aussi ceux que le moindre bruit fait sursauter, qui ne peuvent plus dormir et restent sur le qui-vive en permanence.

Pour les plus âgés, les traumatismes peuvent engendrer la violence, des problèmes de comportement, l’abus d’alcool ou de drogue et conduire à la dépression.



Exercice d'attaque à la roquette dans une école d'Ashkelon Ashkelon (Edi Israel/ Flash 90)

C'est pourquoi le Keren Hayessod, association gouvernementale israélienne d'aide aux défavorisés, aux enfants etc, a décidé d'attirer notre attention sur les souffrances que peuvent endurer les enfants durant ces périodes de crise extrême.

Interviews, visites dans des centres thérapeutiques et témoignages, voici un condensé des interventions de cette soirée.


Eric Azoulay, directeur du collège Haroeh de Sdérot où étudient 300 enfants, affirme que la vie à Sdérot (distante seulement de 3 km de Gaza...) est un véritable défi !

Mais pour rien au monde, ces familles ne veulent partir, car elles sont convaincues que c'est là qu'est leur maison. Ces gens s'attendent à Dieu pour les aider, transmettre des valeurs de résilience à leurs enfants et attendre des jours meilleurs...

La majorité des écoles de Sdérot sont blindées, ce qui fait que, lors d'une alerte rouge, les enfants n'ont pas besoin de courir vers un abri.

Toutefois, nombre d'entre eux subissent du stress traumatisme au cours de ces événements (un tiers des enfants de Sdérot en souffre...) et c'est pourquoi des centres thérapeutiques fleurissent, afin de proposer à ces enfants des suivis plus ou moins longs en thérapies de groupes ou individuelles.

La fille d'Eric Azoulay, lors du précédent conflit (avec l'opération israélienne « Bordure protectrice » ou Tzouk Eitan), âgée de 10 ans, a soudainement refusé d'aller à l'école... Puis, elle a commencé à perdre ses cheveux, puis ses sourcils et ses cils... C'est seulement une fois prise en charge au centre de résilience, qu'elle a pu mettre des mots sur ses terreurs et après un long processus, véritablement revenir à la vie.

Eric termine en affirmant que « Sdérot est le cœur (du combat) et que si tout le monde part, les attaques se porteront sur Tel Aviv, et ailleurs... » Les enfants, finalement, comprennent qu'il faut rester ici...


Le chanteur bien connu Moshé Peretz est parti à la rencontre des enfants traités dans plusieurs de ces centres thérapeutiques.


Cette génération a effectivement grandi dans ce conflit et ces alarmes rouges (Tseva adom) depuis 21 ans. Il a donc fallu ouvrir de nombreux centres de soins, dont l'un a choisi de soigner les enfants par la zoothérapie, depuis maintenant 5 ans.

Un premier jeune rencontré par Moshé, Dvir, fréquente ce centre afin de faire face à ses peurs. Il s'y sent en sécurité et s'en trouve moins anxieux.

Liam, quant à elle, y a appris à se servir d'outils comme la respiration profonde, afin de mieux vivre les situations de stress. Lors d'une alarme rouge, désormais, elle affirme se soucier davantage des animaux du centre que de sa propre vie...

Yochay, lui, raconte qu'il se promenait avec une petite fille lorsque a retenti l'alarme rouge. Il n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit : un boum dans le ciel et puis, il a vu son pied à moitié coupé...

Evidemment, il en est resté extrêmement traumatisé et depuis, se retrouve au centre de thérapie avec les animaux, pour un long processus de guérison...


Le personnel de ce centre tente de redonner confiance aux enfants et les aide à se tourner vers les autres afin d'avancer vers la résilience et afin de se construire et se développer comme tout enfant.


Dans un parc de jeu situé non loin de ce centre, une femme joue avec son fils.

Derrière eux, un gigantesque escargot, que l'on pourrait prendre pour un jeu pour enfant, enserre le parc. En réalité, c'est un abri anti missiles, qui peut accueillir des familles entières avec poussettes d'enfants ! Et ici, à Sdérot, les habitants n'ont que 7 secondes pour trouver un abri !!

La femme affirme que les gens d'ici sont incroyables : « Nous ne partirons pas ! Nous sommes chez nous ! D'ailleurs, les enfants débordent de joie... »

l'abri du parc de jeu... (Crédit : rjstreet)
Les enfants attendent la fin de l'alerte (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Enfin, Moshé Peretz rencontre une chorale de jeunes religieux, pour lesquels la musique devient une échappatoire et leur permet de retrouver de l'assurance et de la sérénité.


Nous, français bien à l'abri dans nos chaumières tranquilles, nous avons bien du mal à imaginer un quart des terreurs que peuvent subir ces habitants et encore plus, ces enfants, face à un déluge de feu ininterrompu et inattendu...

Prions tout d'abord que Dieu garde chacun de ces petits (et de ces grands).

Prions aussi que chacune de ces personnes, au travers de ces terribles épreuves, puisse se rapprocher de Celui qui seul, peut donner la paix, le Seigneur, l'Eternel...





Ne les oublions pas...



L'association Keren Israël vient aussi en aide à ces enfants. Vos dons adressés en particulier aux enfants, sont envoyés au Keren Hayessod, en précisant de les utiliser auprès des enfants traumatisés par les situations de guerre.





Crédit photo : Neukoln, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons




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