Les accords Abraham : Ishmaël et Isaac se réconcilient

Dernière mise à jour : 21 oct. 2020

« Une nation ne lèvera plus l'épée contre une autre, et l'on n’apprendra plus la guerre. » (Esaïe 2 v 4)


Le 15 septembre dernier, sur la pelouse de la maison blanche, deux états arabes signaient des accords de paix avec Israël. Accompagnés du président américain, les leaders des Emirats Arabes Unis et du Bahrein posent tout sourire avec le Premier Ministre israélien, Netanyahou. Les discours exaltent la paix, la normalisation des relations et l’ère nouvelle qui s’ouvre désormais devant ces nouveaux partenaires. De nombreuses références à la Bible sont faites de la part de Netanyahou et de Trump. Netanyahou de citer un psaume du roi David : « Que Dieu bénisse son peuple par la paix ».

Après les discours vient la très symbolique poignée de main. Là encore, les sourires sont de mise. Soudain, un tonnerre d’applaudissements : les accords sont signés ! Les quelques 800 personnalités présentes saluent les quatre dirigeants pour cette initiative incroyable. Un moment historique !


Abraham, l’ancêtre commun


Le nom des accords n’a pas été choisi par hasard. Il revêt au contraire une très grande symbolique : le patriarche Abraham est, selon la promesse de Dieu, père du peuple arabe comme du peuple d’Israël.

« Mais Dieu dit : certainement, ta femme Sara va te donner un fils ; et tu l’appelleras Isaac. J’établirai mon alliance comme une alliance perpétuelle avec lui et sa descendance après lui. A l’égard d’Ishmaël, je t’ai entendu : je le bénirai, je le rendrai fécond et je le multiplierai à l’extrême ; il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. » (Gen. 17 v 19-20)

Sous la pression de sa femme Sara, qui ne crut pas assez dans la promesse de Dieu, Abraham eut un fils avec Agar, la servante de sa femme.

L’Eternel se manifesta à nouveau à Abraham en réitérant sa promesse. Mais celle-ci concerne bien le fils qui doit naître de Sara : « Mais en ce qui concerne mon alliance, je l’établirai avec Isaac que Sara te donnera à cette époque-ci de l’année prochaine. »(Gen. 17 v 21).

La promesse initiale concernait un peuple unique, à qui l’Eternel octroierait le territoire de ce que nous appelons aujourd’hui le Moyen-Orient. Ce territoire s’étend « du fleuve d’Egypte à l’Euphrate » (Gen. 15 v 18). Par la naissance « forcée » d’Ishmaël, le couple patriarcal pensait ainsi trouver une solution à la stérilité de Sara. Et Abraham s'est, bien évidemment, attaché à Ishmaël, qui est aussi son fils et, qui plus est, son aîné. Il ne souhaite pas que son fils Ishmaël soit délaissé par la promesse de Dieu d’obtenir une grande descendance. Aussi Dieu entend la voix d’Abraham et y répond favorablement.

Pourtant, cela va entraîner des conséquences énormes : le territoire promis à Abraham sera ainsi la propriété, au moins temporairement, des deux fils d’Abraham. A partir des années 630, le peuple arabe s’est emparé en quelques années de tout ce Moyen-Orient. Et cela, jusqu’à nos jours, si ce n’est que les descendants d’Isaac possèdent à nouveau la terre promise.


Discorde des deux frères


Un beau jour, Sara voit Ishmaël qui « rit », qui « joue » avec Isaac. C’est un euphémisme. Dans la tradition juive, le verbe hébreu « lesaHeq », présent au verset 9 de Genèse 21, possède trois explications possibles:


1) Ishmaël « joue » avec la vie de son petit frère dans le but de le tuer, par jalousie et inimitié.


2) Ishmaël initie son petit frère à la perversion sexuelle qui est la sienne, lui qui est imprégné de la culture égyptienne de sa mère.


3) Ishmaël initie son petit frère à l’idolâtrie égyptienne, pratique qui est la sienne, là encore par l’éducation qu’il a reçue de sa mère.


(Pour plus de détails sur ce point, vous pouvez écouter sur Youtube l’enseignement de Jean-Marc Thobois « Prophéties sur les temps de la fin dans le livre de la Genèse – n°9" )


Abraham doit alors se résoudre à renvoyer Agar et son fils, afin de protéger Isaac des influences néfastes de son demi-frère. C’est la rupture ! Pendant des siècles, descendants d’Isaac et descendants d’Ishmaël s’affronteront tantôt, se toléreront parfois. Le conflit israélo-arabe n’est rien d’autre que la continuité de cette promesse. Certes, les descendants d’Ishmaël possèdent de grands territoires et sont une multitude mais la promesse divine ne s’adressait qu’à Isaac :

« J’établirai mon alliance comme une alliance perpétuelle avec lui et sa descendance après lui. » (Gen. 17 v 19)


La réconciliation prophétique


Le conflit entre Isaac et Ishmaël, bien que frères, dure jusqu’à nos jours. Pourtant, depuis quelques années déjà, un rapprochement diplomatique s’est opéré entre la nation israélienne et plusieurs pays arabes. La montée en puissance d’un ennemi commun, l’Iran (qui n’est pas un pays arabe), a accéléré ce rapprochement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce début de réconciliation est poussé par l’administration Trump. Plusieurs personnes hautement placées à la maison blanche sont des évangéliques bien au fait des prophéties bibliques.

Or justement, à l’approche des élections américaines, les états arabes sont inquiets : si Donald Trump n’était pas réélu, seraient-ils soutenus par une administration démocrate ? Le traumatisme des années Obama est encore récent : lors de son double mandat, Obama a pris de la distance avec les nations historiquement alliées des Etats-Unis au Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Emirats, Israël…) pour faire les yeux doux à leur ennemi, l’Iran, et par extension, à ses alliés (Hezbollah, Houthis, Hamas, milices chiites irakiennes et syriennes).

En se rapprochant d’Israël, les Emirats et le Bahrein s’offrent un allié capable de les aider, surtout si les Etats-Unis venaient à se retirer des affaires moyen-orientales.


Au chapitre 25 de la Genèse, le verset 9 est particulièrement intéressant. Selon la tradition juive, dans les temps de la fin, Isaac et Ishmaël se réconcilieront, ainsi que l’atteste ce verset :

« Isaac et Ishmaël, ses fils, l’ensevelirent (Abraham) dans la grotte de Makpela, dans le champ d’Ephron ».

Isaac et Ishmaël à nouveau réunis, c’est également l’accomplissement des prophéties d’Ezéchiel, au chapitre 38, lors de la guerre de Gog. Alors qu’une coalition se dirige vers Israël, il est dit que « Seba, Dedan, les marchands de Tarsis et tous leurs lionceaux te diront : Viens-tu pour (Gog) prendre du butin ? » (Ez. 38 v 13).

Les peuples mentionnés sont les actuels pays arabes, situés au sud d'Israël. Alors que quelques années auparavant, il était inimaginable de voir l’un de ces pays arabes comme un allié d’Israël, la Bible disait déjà l’inverse.


Pour conclure, l’événement auquel nous venons d’assister est un grand moment de l’Histoire. Ces premières normalisations vont être suivies prochainement et déjà Trump annonce que cinq ou six autres états (dont l’Arabie) pourraient normaliser leurs relations avec Israël. L’événement est bien sûr passé presque inaperçu dans nos médias occidentaux...


La réconciliation entre Isaac et Ishmaël est en marche : elle s’accomplit sous nos yeux !

Les quatre représentants avec les accords signés

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