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Israël n’était pas prêt

Depuis l’attaque macabre du 7 octobre dernier, Israël est entré dans une période de guerre qui sera longue et imprévisible. Cette guerre n’est pas simplement un combat armé avec le groupe terroriste du Hamas (et du Djihad islamique), mais elle implique plus largement l’ensemble des alliés de l’Iran ainsi que l’ensemble des acteurs du Moyen Orient et les Etats-Unis.


En effet, des missiles sont tirés depuis le Yémen et le Liban, des navires sont touchés en Mer Rouge… 


Ne plus dépendre des Etats-Unis


Dans ce contexte général, la dépendance d’Israël vis-à-vis des Etats-Unis est plus que jamais visible et c’est un gros problème. Je m’explique : 


Les Etats-Unis sont LE grand allié de l’état hébreu, depuis le sauvetage de la guerre de Kippour en 1973 où, grâce notamment au pont aérien américain pour amener des armes et des équipements modernes (chars, avions…) en urgence, l’état hébreu a pu renverser la vapeur de cette guerre et l’emporter.


Par la suite, les USA ont continué à approfondir les relations avec Israël jusqu’à devenir l’allié inséparable et indispensable, surtout lorsqu'on regarde la taille de l’état d’Israël comparée à celle des  USA et du reste du Moyen Orient...


Néanmoins, ce que beaucoup ignorent, c’est que l’état hébreu s’est beaucoup reposé sur cette amitié avec les USA, au point de largement réduire ses capacités militaires et son industrie militaire. Presque tout ce qu'il avait produit dans des entreprises du pays, des uniformes aux fusils en passant par les balles, l'artillerie et les obus de chars, a été fermé. Des milliers de travailleurs de l'industrie militaire ont perdu leur emploi. La connaissance aussi a été, hélas, perdue...


Les contrats ont alors été transférés aux États-Unis. Même les projets développés conjointement par des ingénieurs israéliens et financés par les États-Unis ont été transférés aux États-Unis pour y être produits. C'est ainsi que les missiles Dôme de fer d'Israël sont uniquement produits aux États-Unis.


Mais surtout, l’essentiel des équipements de l’armée de l’air israélienne provient des USA. En temps de guerre comme aujourd’hui, Israël dépend donc énormément des USA pour remplir à nouveau ses stocks et produire de nouveaux missiles… Or, comme nous le verrons dans la deuxième partie, Israël s’est également largement reposé sur son armée de l’air au détriment des autres branches de l’armée (comme beaucoup d’autres pays occidentaux, d’ailleurs).


Le problème, c’est que les Etats-Unis eux-mêmes sont en perte de vitesse et perdent énormément de  leurs capacités industrielles, notamment au détriment de la Chine et des pays outsiders (Brésil, Russie, Inde…). De plus, un changement majeur est en train de s’opérer dans la société américaine avec la montée en puissance du wokisme au sein des nouvelles générations. 


Ce wokisme gangrène les universités du pays et les jeunes américains sont de plus en plus anti-israéliens (pour ne parler que de ce sujet, mais cela concerne également les valeurs chrétiennes…).


Les deux tiers des Américains âgés de 18 à 24 ans pensent que les Juifs sont des oppresseurs et qu'ils doivent être traités comme tels. 51% des jeunes Américains pensent que la fin appropriée du conflit israélo-palestinien est la destruction de l'État juif et son remplacement par une entité palestinienne contrôlée par le Hamas. C'est-à-dire que la majorité des jeunes Américains soutiennent l'anéantissement du peuple juif...


Depuis que les démocrates sont repassés à la tête du pays, après l’intermède Trump, la politique initiée par Obama, notamment de désengagement du Moyen Orient et la baisse de soutien à Israël continuent de s’accentuer.


Par exemple, lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, les USA avaient essayé de s’interposer pour empêcher Israël de mener sa guerre de destruction du groupe terroriste désormais plus fort que jamais (capacité décuplée depuis 2006).


Les USA avaient voulu réduire l’influence du Hezbollah en finançant l’armée libanaise, pour faire un contrepouvoir à la milice chiite. Cependant, c’est l’inverse qui s’est produit et aujourd’hui, l'armée libanaise est gangrenée par le Hezbollah, ce qui fait que les sommes pharaoniques des USA à destination de l’armée libanaise, ainsi que l’équipement livré, tombent presque directement entre les mains du groupe terroriste !


Cette situation se reproduit actuellement, peu ou prou. Voici un commentaire de Caroline Glick sur la situation actuelle : 


« Pour gagner la guerre, Israël doit éradiquer le Hamas à Gaza et éliminer la menace que le Hezbollah représente pour le nord d'Israël. Il doit également prendre des mesures pour empêcher les Houthis de maintenir leur blocus maritime effectif du port d'Eilat.


Sur tous ces fronts, Biden et ses principaux collaborateurs ont clairement indiqué que leurs objectifs ne sont pas les mêmes que ceux d'Israël. Ils ne cherchent pas l'éradication du Hamas et le retour des otages. Ils réclament la fin de la guerre et le retour des otages.


 Et à la fin de la guerre, ils veulent reconstruire Gaza. Ils veulent utiliser la fin de la guerre comme un moyen de contraindre Israël à un « processus de paix ». L'objectif de ce processus est d'établir un État palestinien à Gaza et en Judée-Samarie, dirigé par des terroristes de l'Autorité palestinienne qui, comme le Hamas, cherche à anéantir l'État juif.


photo d'Ygal à Gaza

Au Liban, l'administration cherche à empêcher la guerre, même si elle laissera au Hezbollah la capacité d'envahir la Galilée et de détruire des cibles stratégiques dans tout Israël, avec son arsenal massif de missiles.


En ce qui concerne le Yémen, les États-Unis ont exigé qu'Israël ne prenne aucune mesure offensive contre les Houthis ou les suzerains du Corps des gardiens de la révolution iranienne qui dirigent les opérations houthies, depuis leur navire espion en Mer Rouge.


En ce qui concerne les fournitures militaires, les 14,3 milliards de dollars languissent toujours au Congrès. Ce budget ne sera pas examiné avant que le Congrès ne se réunisse à nouveau le 9 janvier, après les vacances de Noël et du Nouvel An. »


La dépendance vis-à-vis des Etats-Unis est donc aujourd’hui une amitié en trompe l’œil : les USA sont à la fois le meilleur ami et ennemi d’Israël.

L’état hébreu est pieds et poings liés quand il s’agit de sa souveraineté nationale, quand cela va à l’encontre de la politique du grand frère américain.


Dans les premières phases de la guerre, les USA semblaient se ranger inconditionnellement aux côtés d’Israël puis, peu à peu, la situation s’est inversée et aujourd’hui, ce sont les USA qui freinent l’action d’Israël, au Liban notamment.



Il en résulte qu’aujourd’hui, la menace première pour Israël, à savoir le Hezbollah, est encore largement en mesure de porter à Israël un coup beaucoup plus meurtrier (beaucoup d’analystes estiment que le Hezbollah pourrait même avoir la capacité de détruire Israël, notamment si le groupe avait lancé une attaque massive en même temps que le Hamas). Israël a vu ce que 3000 terroristes du Hamas étaient capables de faire sur son territoire, avec des moyens limités. 


Imaginez la même chose avec 10 à 15 000 combattants (minimum) très bien entraînés et équipés, dont 4 000 de la force spéciale Radwan, ajoutés à une saturation de missiles et roquettes (le Hezbollah dispose d’entre 130 à 150 000 roquettes et missiles, dont des missiles de précision) …


Face à cette relation toxique avec le grand frère américain, le ministère de la défense israélien a, semble-t-il, pris la mesure de la gravité. Depuis une semaine, le « projet d’indépendance » a été présenté au grand public. Celui-ci vise à réindustrialiser Israël militairement, afin de dépendre au minimum « d’alliés ».


Israël lance donc un programme d'urgence avec les industries militaires israéliennes et les principaux industriels pour rendre Israël indépendant dans tout ce qui concerne les munitions. Dans un premier temps, Israël commencera à produire des bombes pour ses avions. Jérusalem a également l'intention d'accroître sa production d'obus de chars et d'artillerie, ainsi que de fusils d'assaut et de balles.


Ron Tomer, chef des industriels militaires en Israël, déclarait : « L'armée israélienne est en train de changer sa vision de la façon dont elle arme ses forces, en élargissant les chaînes de production nationales, afin d'être moins dépendante des munitions provenant de l'étranger. L'idéal d'une petite armée high-tech n'a pas fait ses preuves. »


photo d'Ygal à Gaza


L’échec stratégique


La guerre contre le Hamas démontre également la faille que constitue la confiance des Israéliens dans leur armée et notamment, leur supériorité technologique et aérienne. Malheureusement, c’est déjà cela qui avait entraîné le lourd tribut de la guerre de Kippour en 1973. L’Histoire se répète : Israël s’est abrité derrière une armée de l’air et une technologie, certes très performantes, mais incapables de gagner à elles seules des guerres.


Comme beaucoup de pays occidentaux, Israël a cru que la révolution technologique, notamment dans les années 2000, pouvait changer le cours des guerres et donc, des armées. Ce constat est le suivant : il affirmait qu'avec la fin de la guerre froide, l'ère des guerres conventionnelles était révolue. À l'époque actuelle, ce sont les cerveaux, plutôt que les muscles, qui gouverneraient, selon les stratèges.


Ainsi, les ordinateurs ont remplacé les hommes dans ce qui s’est appelé le « no-boots on ground » (« pas de bottes au sol », sous-entendu « pas d’hommes sur le terrain »). L’armée américaine en a fait les frais en Irak et en Afghanistan : deux échecs cuisants pour l’armée la plus forte du monde.


Une génération de chefs d'état-major de Tsahal s'est organisée autour de la vision d'une « petite armée technologique et meurtrière ».


Suivant cette évolution de la pensée stratégique, l'armée israélienne a démantelé plusieurs divisions de réserve. Il a ainsi réduit ses forces d'artillerie de 50 %. Les brigades blindées ont été fermées. La force de réserve a été réduite de 80 % entre 2003 et 2017. La majeure partie du budget de Tsahal et la quasi-totalité de l'aide militaire américaine ont été détournées vers l'armée de l’air (le cœur stratégique de l'armée de l'air israélienne « petite, technologique et létale »).


La doctrine a été dénoncée à plusieurs reprises comme étant faillible. Mais en vain. L'armée de l'air n'a pas vaincu les terroristes palestiniens en Judée-Samarie en 2002, lors de la première intifada. Les forces terrestres l'ont fait. 


L'armée de l'air n'a jamais eu de réponse aux missiles du Hezbollah, au nord et au Hamas, au sud. En l'absence de brigades régionales défendant les frontières, les frontières « en temps de paix » d'Israël avec la Jordanie à l'est et l'Égypte à l'ouest sont devenues des autoroutes pour les trafiquants d'armes.


Le 7 octobre, quelques milliers de gazaouis ont attaqué la barrière de sécurité israélienne d’une valeur de plusieurs milliards d’euros, ont détruit facilement les capteurs de cette dernière, ont fait des brèches et ont massacré les quelques soldats chargés de faire fonctionner ce bijou technologique.




Résultat, il a fallu plusieurs heures pour que les forces terrestres israéliennes parviennent à maîtriser la situation et reprendre le terrain. Pendant toutes ces heures, les terroristes ont pu ravager, tuer et kidnapper les civils et les quelques militaires de la zone, quasiment sans défenses et largement dépassés par le nombre de terroristes.


Israël doit vite apprendre de ces échecs afin de se préparer à des combats bien plus difficiles, au nord contre le Hezbollah. C’est malheureux à dire mais il s’agit peut-être d’un mal pour un bien. La guerre a réveillé la société israélienne, alors fortement divisée, l’a réunifiée et a ramené beaucoup de Juifs à Dieu dans ces moments solennels. Certes, il y a beaucoup de morts et la souffrance est grande en ces temps, mais il s’agit peut-être d’un sursaut salvateur dans des temps qui sont et resteront loin d’être paisibles.


Le mot de la fin sera pour Caroline Glick : « La décision de l'Iran de ne pas impliquer le Hezbollah, le 7 octobre, a donné à Israël l'occasion de réorganiser ses forces et de se préparer à la guerre sur plusieurs fronts qui nous attend. Nous n'avons pas un instant à perdre. »


Le libérateur est venu ; il sauve encore aujourd’hui. Beaucoup, en Israël, s’en remettent à Dieu. Espérons que beaucoup puissent découvrir leur Sauveur, celui qui seul les protégera de tous leurs ennemis.


« Le peuple qui marchait dans les ténèbres verra briller une grande lumière :elle resplendira sur ceux qui habitaient le pays dominé par d’épaisses ténèbres.

O Eternel, tu fais abonder l’allégresse,tu fais jaillir une très grande joieet l’on se réjouit devant toi tout comme au temps de la moisson,ou comme on crie de joie lors du partage d’un butin.

Car le joug qui pesait sur lui,le bâton qui frappait son dos,le gourdin de son oppresseur,toi, tu les as brisés tout comme au jour de la défaite de Madian

Toute chaussure de guerrier qui martèle le sol,et tout manteau que l’on a roulé dans le sang seront livrés aux flammes,pour être consumés.


Un enfant nous est né


Car un enfant est né pour nous,un fils nous est donné.Et il exercera l’autorité royale ;il sera appelé Merveilleux, Conseiller, Dieu fort,Père à jamais et Prince de la paix.

Il étendra sa souveraineté et il instaurera la paix qui durera toujours au trône de David et à tout son royaume.Sa royauté sera solidement fondée sur le droit et sur la justice,dès à présent et pour l’éternité.Voilà ce que fera le Seigneur des armées célestes dans son ardent amour. »


Esaïe 9



photo d'Ygal à Gaza


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9 Comments


Merci pour ce site si important à mon coeur!

Ô Eternel, que ton Nom soit sanctifié et que ton règne vienne!

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Merci beaucoup pour cet article et pour tous les moyens que vous mettez à notre disposition pour suivre et vivre au plus près des événements.

Ma’prière est pour Israël que j'aime tant . Qu'il reconnaisse son Sauveur , Yeshoua HaMashia’h !

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Je voudrai envoyer un don. george.ghc198@gmail.com

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Jean Wolga
Jean Wolga
Dec 29, 2023

Et si le massacre du 7 octobre commis par le Hamas était un cadeau de l'Iran à Poutine pour son anniversaire ? Le 7 octobre était une date bien choisie par le Hamas : conjonction entre le dernier jour de la fête des Tabernacles (Soukkot), la fête de Simhat Torah (la joie de la Torah), un shabbat, et l'anniversaire des 50 ans de la guerre de Kippour en octobre 1973, guerre déclenchée par l'Egypte et la Syrie contre Israël. Mais le 7 octobre 2023 Poutine a fêté ses 71 ans, et l'attaque du Hamas (commanditée ou aidée par l'Iran) venait à point pour détourner l'attention du monde de la guerre menée par Poutine à l'Ukraine, et pour diminuer l'aide occidentale à l'Ukraine.…


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"Seconde intifada" pas première 😉

Merci pour cet éclairage très intéressant, qui montre à quel point la confiance dans les armes, dans l'homme et dans la technologie ne sert de rien. Ce combat est avant tout spirituel, et ça reste un combat entre hommes. Pour ceux qui disent qu'on ne peut pas critiquer Israël, voilà une critique légitime, des erreurs à ne pas reproduire, un 1993 et un 2005 à conjurer d'urgence. Il est bon qu'Israël revienne à sa stratégie originelle. Prions que la guerre à Gaza se termine vite et qu'Israël nous débarrasse du Hezbollah.🙏

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