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Israël est-il toujours soutenu par les Etats-Unis ?

Nous allons terminer cette année civile avec un article portant sur le même thème que le premier de l’année, juste après les élections américaines. Dans cet article déjà, nous nous interrogions sur les bonnes volontés d’une administration Biden, perçue comme libératrice par les médias occidentaux, après quatre années de Trumpisme conservateur et pro-israélien.


Nous avons évoqué nos craintes quant à l’avenir des relations israélo-américaines étant donné les prises de positions propalestiniennes, pro-iraniennes et pro-Frères musulmans de l’administration Biden, qui n’est en réalité que le renouvellement d’une administration Obama n°3.


Dans la lignée de l’accord de 2015 concernant le nucléaire iranien, signé par Obama avec l’Iran et plusieurs pays occidentaux, l’administration Biden actuelle fait tout son possible pour parvenir à un nouvel accord avec la théocratie chiite. Déjà en 2015, les médias occidentaux encensaient cette avancée diplomatique qui, en réalité, permettait à l'Iran de développer ses activités nucléaires avec le consentement de la communauté internationale.


Encore récemment, le spécialiste David Wurmser disait que l'Iran n'avait cessé de continuer ses recherches sur le nucléaire militaire tout au long de cette période de négociations (2015) et après la signature de l’accord, quand bien même cela lui était interdit. Il ajoutait qu'en réalité, la sortie de l'accord des États-Unis en 2018, mené avec fracas par Donald Trump, n'a fait que mettre au jour cette poursuite délibérée d'un programme militaire nucléaire de l'Iran.

Nous vivons sensiblement la même période où une administration américaine cherche à tout prix à trouver un accord avec les Iraniens par la voie diplomatique, alors même que les Iraniens ont atteint un point de non-retour et sont si proches de posséder non seulement le nucléaire militaire mais encore plus l'arme nucléaire en elle-même, que toute négociation devient alors futile.



Le ministre de la défense israélien Benny Gantz et son homologue américain Lloyd Austin

Depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, les Iraniens se réjouissent du manque de fermeté à la fois des Américains mais aussi des occidentaux en général, pour accorder leurs violons quant au problème du nucléaire iranien et ce, au grand désespoir d'Israël. A l'été 2021, un nouveau président de la République ultraconservateur a été élu en Iran, qui plus que jamais prend la direction de la fuite en avant vers le nucléaire et l'hégémonie régionale.


Dans cette situation, la relation entre Israël et les États-Unis s'est considérablement détériorée, d'autant plus que le problème iranien n'est pas la seule discorde entre les deux pays. Le gouvernement israélien lui-même a été modifié, au début de l'année 2021, et le Premier ministre sortant Netanyahou, réputé pour ses prises de positions tenaces envers l'Iran, a été remplacé par un gouvernement là aussi plus enclin au dialogue et à l'appui diplomatique d'une administration Biden, pourtant fortement réticente à défendre Israël comme le faisait Trump.

Netanyahou avait mené, pendant huit années d'administration Obama, une politique de fermeté envers l’Iran, alors même que Israël était seul contre tous. Désormais, cette situation se répète à nouveau, sans qu'un leader israélien ait le courage de se détacher de cette posture d'obéissance au grand frère américain (pourtant loin d'être favorable à Israël en sept ans).


Déjà, après le conflit avec le Hamas à Gaza en mai 2021, les États-Unis avait mis plusieurs mois avant de renouveler le stock de missiles anti-aériens israéliens, laissant Israël quasiment sans protection, puisque les stocks des fameux « Dômes de fer » étaient dangereusement bas. Désormais, les États-Unis sont extrêmement réticents à l'idée de mener une opération militaire ou d'autoriser Israël à mener une attaque contre les installations nucléaires iraniennes, au grand désespoir des israéliens.


Alors même que le dernier round de négociations, à Vienne, avec l'Iran et les partenaires européens, se dirige inexorablement vers un échec des pourparlers, la menace de voir un Iran nucléarisé devient désormais extrêmement préoccupant. Une préoccupation que les États-Unis ne prennent pas autant au sérieux que le minuscule Etat d’Israël, potentiellement destructible avec ces armes nucléaires extrêmement dévastatrices.


La semaine dernière, le ministre de la défense israélien Benny Gantz et le chef du Mossad David Barnea se sont rendus aux États-Unis afin de requérir un soutien américain. Si, en apparence, les discussions semblent avoir été habituelles et cordiales, les échos de ces rencontres sont en réalité bien plus pessimistes. Le communiqué de presse publié par le gouvernement israélien laisse aussi planer le doute sur l'issue de ces rencontres où, pour la première fois, il n'a pas été mentionné l'affiliation insécable entre Israël et le grand frère américain.

Un membre de l’establishment sécuritaire israélien a déclaré, sous couvert d’anonymat, que pendant ces rencontres, les Israéliens avaient le sentiment d’être grondés par leur grand frère et punis pour des choses qu’ils n’ont pas faites. Les Américains en voulaient en particulier à Israël de posséder des compagnies cyber très performantes et ont donc boycotté deux de ces sociétés (NSO et Candiru).

Qui dit sociétés cyber dit renseignement : ce boycott est en réalité le boycott d’un échange de renseignements entre Israël et les Etats-Unis. Rappelons que l’élimination de Qassem Soleimani, par les Américains, a été rendue possible grâce aux renseignements israéliens, comme tant d’autres opérations. Une décision qui se rajoute à cette défiance envers la volonté d’Israël de stopper la fuite en avant iranienne.


Par ailleurs, l'administration Biden a refusé la demande israélienne d'accélérer la production et l'acheminement d'avions ravitailleurs KC-46 destinés à remplacer les avions ravitailleurs qu’Israël possède déjà, mais qui sont vieillissants (environ 50 ans de service). Or, dans un contexte de préparation à une opération militaire contre l'Iran, ces avions ravitailleurs sont plus qu’indispensables à Tsahal puisqu'ils permettraient aux avions de chasse et aux bombardiers israéliens d'atteindre le sol iranien.


Ces avions ravitailleurs auraient ainsi permis à Israël de mener de manière autonome une action militaire contre l'Iran. Le refus américain pose des problèmes logistiques supplémentaires à l'armée israélienne pour préparer une telle opération.

La situation est pourtant explosive au Moyen-Orient : les Iraniens ont mis leur armée nationale en état d'alerte, ont suspendu les vacances de leurs soldats, acheminent des missiles balistiques dans l'ouest du pays au plus près d'Israël… Des activités suspectes ont également eu lieu dans la région de Damas, en Syrie, région dans laquelle l'Iran est plus qu’ancré et agit sous couvert d’une protection de l'armée syrienne. Des centaines de nouveaux drones iraniens ont également été dévoilés...


La spécialiste Caroline Glick s'inquiète, quant à elle, de la mollesse de certains généraux israéliens qui, rappelle-t-elle, ont déjà empêché le Premier ministre de l'époque Netanyahou de bombarder l'Iran en 2010 et de se plier aux velléités d'une administration Obama pourtant ouvertement anti israélienne.

Elle s'inquiète également de la crédulité de ces généraux à faire confiance à leurs semblables américains, certes favorables à une intervention conjointe contre l'Iran, mais qui sont eux-mêmes remis en cause par la stratégie du gouvernement et de ses représentants diplomatiques, qui sont les supérieurs hiérarchiques de l'armée américaine et qui prennent les décisions finales.


Le leader de l'institut juif de sécurité nationale américaine (JINSA), Michael Makovsky, a déclaré la semaine dernière que « les dernières rencontres entre les diplomates américains et les représentants de notre plus proche et fidèle allié au Moyen-Orient, Israël, n’ont jamais été aussi mauvaises. » Il a notamment ajouté que les Israéliens sont très pessimistes quant à l’évolution d’un soutien américain.


Alors que les Israéliens et les Américains agissaient en totale confiance les uns envers les autres, il y a de cela seulement quelques mois, depuis l’investiture de Joe Biden, la situation se tend de manière dangereuse entre les deux pays, au point qu’Israël envisage de mener une frappe seul contre l’Iran, au risque de se fâcher durablement avec les Etats-Unis. La situation idyllique entre Trump et Netanyahou est désormais bien loin.


Alors même qu’Israël a besoin d’un soutien de ses alliés dans ce moment très délicat, le plus grand allié de l’Etat hébreu prend peu à peu la fuite, quitte à trahir Israël en signant un accord avec les Iraniens dans le dos des Israéliens. Alors que la relation d’amitié entre Trump et Israël garantissait la paix au Moyen-Orient, la politique de la nouvelle administration américaine et les errements du gouvernement du changement israélien favorisent ce climat de tensions. Au risque de voir éclater un conflit ?


Il est intéressant de se rappeler que dans le chapitre 38 d’Ezéchiel, relatif à la guerre de Gog, les « alliés » d’Israël Séba, Dedan et tous leurs lionceaux (assimilés au monde occidental) ne prennent que très timidement la défense d’Israël, pourtant menacé d’invasion par une coalition ennemie. La relation exceptionnelle qu’Israël entretenait avec le plus puissant des Etats du monde est en train de devenir une relation quelconque de partenariat.

Les Etats-Unis eux-mêmes sont en train de devenir une puissance certes importante mais non superpuissante. Une fois de plus, la géopolitique s’accorde sur les plans du Seigneur. Il faut que ces choses arrivent pour notre délivrance finale.


Soyons donc attentifs et prions pour que le Seigneur hâte ces choses et préserve les Siens !


« Il dit encore aux foules : Quand vous voyez un nuage se lever à l'occident, vous dites aussitôt : la pluie vient. Et il arrive ainsi.

Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites : Il fera chaud. Et cela arrive.

Hypocrites ! Vous savez discerner l'aspect de la terre et du ciel ; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci ? » (Luc 12 v 54-56)


« Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera.

Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s'approchera pour les servir.

Qu'il arrive à la deuxième ou à la troisième veille, heureux ces serviteurs, s'il les trouve veillant ! » (Luc 12 36-38)



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