Elle n’est pas morte notre espérance !

Article écrit en 1988 par Jean-Marc Thobois, à retrouver dans le Hashomer n°45


« Elle n’est pas morte notre espérance vieille de 2000 ans ! »

C’est par ces paroles que s’achève l’Hatikva (l’espérance), l’hymne national de l’Etat d’Israël. L’auteur juif de l’épître aux Hébreux écrit : « cette espérance, nous l’avons comme une ancre solide et ferme pour notre âme, elle pénètre au-delà du voile » (Héb. 5v19). Jamais, même au sein de la nuit la plus noire, le peuple d’Israël n’a perdu son espérance.


Or, ce qui se passe aujourd’hui : la prodigieuse résurrection de l’Etat juif est un signe indiscutable aux yeux de toutes les nations, que l’espérance d’Israël basée sur les promesses de Dieu contenues dans la Bible n’était pas vaine. Aussi Israël aujourd’hui est-il pour tous un grand signe d’espérance au moment même où nos sociétés modernes basculent de plus en plus dans la désespérance. « No future » (pas d’avenir). Telle est la devise des jeunes marginaux, mais ce pourrait être aussi celle de bien des hommes. « Mangeons et buvons car demain nous mourrons ! » Les néo-païens modernes ne vivent plus que pour l’instant présent duquel on attend le maximum de « sensations » d’où l’impatience qui caractérise notre siècle et le « tout et tout de suite ! »


Il est vrai que l’avenir est lourd de menaces, tant sur le monde que sur l’Etat d’Israël, les solutions sont de moins en moins évidentes et grande est alors la tentation de s’étourdir, se divertir pour échapper au réel en s’évadant dans l’imaginaire et le rêve.


La crise de désespérance qui frappe notre monde moderne vient de ce que l’on a perdu toute dimension de foi véritable. L’espérance en effet se nourrit des promesses de Dieu que l’on reçoit dans la foi. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de véritable foi même chez ceux qui en font profession et qui ne savent plus, ou n’osent plus en témoigner. Puisqu’il n’y a plus de foi, il n’y a plus non plus d’espérance, ni d’amour. Selon la parole de Jésus, le péché s’étant accru, l’amour du plus grand nombre s’est refroidi.


Ainsi les nations néo-païennes tombent-elles dans le piège satanique décrit dans le psaume 2 « pourquoi les nations grondent-elles et les peuples ont-ils de vaines pensées, les rois de la terre s’assemblent, les chefs se concertent contre l’Eternel et contre son Messie ».


Ainsi vient sur le monde en révolte contre Dieu la nuit du méchant décrite par le psalmiste, nuit du doute puis du désespoir, de la peur et enfin de la révolte. Quand frappe le malheur, le désespoir en effet se mue en révolte contre Dieu. Or, selon la tradition juive, le plus grand des châtiments divins qui puisse atteindre un homme, c’est qu’il soit livré par Dieu au désespoir. Selon la Bible, la marque des païens c’est justement le fait d’être privés d’espérance (Eph. 2v12). Notre monde moderne qui revient au paganisme tombe naturellement à nouveau dans le désespoir.


Mais Israël qui a été dans le passé le peuple porteur du message d’espérance pour le monde entier est aujourd’hui pour tous la preuve certaine que ce message d’espérance contenu dans la Bible est « une espérance qui ne trompe pas ». Est-ce la raison pour laquelle Israël est aujourd’hui haï par toutes les nations qui ne veulent pas voir ni entendre ce que Dieu a à leur dire ?


Israël est signe par son histoire, même dans son exil et l’on se souvient de la parole du chapelain de Frédéric Le Grand qui lui demandait en trois mots, une preuve de l’existence de Dieu et qui s’entendit répondre par ce dernier « Sir, les juifs… ! » Mais Israël est tout particulièrement un signe dans cette génération par sa résurrection miraculeuse.


Après des mois d'internement à Chypre, les réfugiés juifs arrivent enfin à Tel Aviv en chantant l'Hatikva (1946)

Israël est signe d’espérance parce qu’il est dépositaire des promesses de Dieu. Israël est la démonstration que la Bible est vraie encore aujourd’hui et que son message reste actuel. Le peuple juif est le grand signe de la fidélité de Dieu à son alliance et à ses promesses mais en même temps, il est le signe que les promesses de Dieu sont vraies pour tout homme qui veut s’en saisir par la foi et en vivre. C’est aussi la preuve absolue que Dieu accomplira dans l’avenir avec la même fidélité les promesses non encore accomplies, tant pour Israël que pour tous les hommes.


Mais plus noire est la nuit et plus brillante est l’espérance. Il est vrai que des temps difficiles viennent sur le monde. Jésus disait « les hommes rendront l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra, car même les puissances des cieux seront ébranlées, mais vous quand ces choses commenceront à arriver, réjouissez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche ! ».


En cette fin d’année 1988, les ténèbres s’épaississent dans le monde, mais il existe malgré ces ténèbres une espérance que rien ne peut altérer, ni flétrir, qui est offerte à tout homme et que chacun peut saisir par la foi. C’est juste avant l’aube, que la nuit est la plus noire. C’est pourquoi ce dernier numéro d’ « Hashomer » veut être une proclamation d’espérance pour tous ceux qui doutent et qui désespèrent.


Comme Abraham, le père des croyants, nous pouvons oser « espérer contre toute espérance » et oser le proclamer afin d’être à notre tour auprès de ceux qui désespèrent des porteurs d’espérance. Puissions-nous en ce temps de Noël « déborder d’espérance par le Saint-Esprit ».

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