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Du temps de la séduction à celui de la contrainte

(extrait p.126 à 130 du livre de Pierre-David Thobois, Le temps des grands bouleversements)


Le tournant dramatique que nous vivons à l'occasion de cette crise et les débuts du programme de la grande réinitialisation, ne sont pas des réalités spontanées, qui surgissent de nulle part.


Ils ont été précédés par des décennies d'un monde malade, où la volonté et la capacité de persévérance des chrétiens a été frottée, usée, érodée, épuisée par une démultiplication des objets de séduction et de convoitise, et par une fascination sans borne de la puissance technique.


Bien entendu le « great reaset » n'est pas à lui seul le royaume anti-christique. Il en est la phase « agressive ». Nous allons y revenir. Mais ce monde « d'avant » était l'étape nécessaire, d'amollissement, d'affaiblissement de nos capacités de défense et de résistance à l'esprit de Babel.


Il fut une première période de séduction, de vie douce, bercée des tentations du confort, du consumérisme, du matérialisme, de la facilité et toujours de cette fascination du fait technique, qui stérilise toute réflexion, tout discernement et tout examen de soi. Mais ce temps de la séduction par des « délices de Capoue », laisse aujourd'hui la place à une nouvelle période comme une suite logique : après la convoitise et la séduction, la contrainte !


Une fois le poisson attiré par l'appât, il est alors ferré et ramené vers le pêcheur par la contrainte de la ligne de pêche. Bien entendu, il nous faut nous expliquer sur la notion de contrainte. Le terme « persécution » nous renvoie spontanément à l'idée de violence physique et l'usage de la barbarie. Mais dans le cadre de la numérisation des sociétés et de l'humain, c'est une définition que nous allons être amenés à reconsidérer. En effet, dans ce monde entièrement dominé par les algorithmes, les leviers de contraintes sont plus efficaces que jamais. Le monde qui vient est une sorte de néocommunisme ou plus rien ne nous appartient. Nous sommes locataires de tout : de notre maison, notre voiture, nos appareils technologiques et toutes les applications qui gèrent notre vie dans les moindres détails.


Par le développement de l'internet des objets (la connexion de tout un ensemble d'objets de notre quotidien, lampes, machine à laver, montre, balance, caméra, climatiseur, aspirateur, tondeuse...) via la 5G, l'État et les grandes sociétés (qui travaillent souvent pour le gouvernement, dans cette sorte de pacte quelque peu contre nature que nous avons évoqué plus haut) possèdent des capacités de traçage de nos activités corporelles.


De grandes sociétés d'assurance aux États-Unis offrent déjà à leurs adhérents des capteurs corporels qui, via une application sur le téléphone, transmettent quotidiennement au siège les distances parcourues à pied et offrent des bonus aux sociétaires qui respectent un programme préétabli.


Il est évident que ces pratiques de crédit social vont se généraliser jusqu'à devenir obligatoires dans bien des domaines, ou en tout cas, très pénalisantes pour ceux qui s'y refusent ou refusent de jouer le jeu de l'autocensure ou de l'autodiscipline (c'est le but-même du crédit social : récompenser ou punir).


Et ce prélèvement d'informations dématérialisées tout au long de nos journées et jusque dans notre intimité, associée à la digitalisation de la monnaie, offrira à l'État un contrôle absolu sur les individus, de leur naissance à leur mort.





Ainsi, l'affectation de la monnaie digitalisée pourra être effectuée en fonction du respect des règles du crédit social qui auront été établies (dans ou hors du cadre légal) : selon que nous nous rendrons ou pas dans certains lieux, que nous pratiquerons ou pas certaines activités, que nous aurons contact avec certaines personnes contraintes à l'isolement social (en quarantaine, ou sanctionnées par les règles du crédit social... ) que nous serons vaccinés ou pas, que nous jouerons le jeu de la surveillance ou pas (1)...


Tous ces leviers de contrainte sont extrêmement efficaces, car très nombreux (et le seront de plus en plus), ils sont invasifs, (ils violent l'espace intime et privé) et sont automatisés, manipulés en temps réel par des aimées de robots. Nous entrons dans l'ère de la persécution des algorithmes, de la contrainte active du fait technique. Jusque-là, cette contrainte s'exerçait sur un mode passif.


J'ai une voiture et je bénéficie d'une nouvelle liberté, de nouveaux possibles : je peux aller où je veux, en peu de temps, etc. Cependant, en parallèle du bénéfice, j'hérite de nouvelles contraintes. Je dois payer une assurance, je dois prendre en compte les réparations, assumer les risques (accidents, préjudices physiques, etc.), je dois respecter la mise en place de nouvelles règles qui empiètent sur ma liberté, etc.


Et jusque-là, ces conséquences m'avaient été soigneusement occultées ou minorées par la propagande publicitaire, car cette voiture, m'est indispensable, nécessaire ; elle m'apportera bonheur, plaisir, jouissance...


Elle va transformer mon existence, me libérer, me proposer de nouveaux possibles...

Le revers, les conséquences sont niés par l'argument « a silentio ». Ils sont soustraits à ma réflexion, à mon analyse, par les effets inhibants de la convoitise.


Mais à l'occasion de la crise, cette technique dont on m'a convaincu qu'elle était pour l'individu progrès, outil de libération, objet de jouissance, tout à coup se définit comme outil de contrainte dans sa nature. Du moins, dans son exposition, elle revendique maintenant cette caractéristique (en tout cas, de manière beaucoup plus affirmée qu’auparavant).

Le téléphone portable est certainement, pour l'instant, l'exemple le plus symptomatique dans ce domaine. Il offre aux autorités la possibilité de tracer son utilisateur sans même que l'appareil soit connecté ou voire même allumé.


A l'occasion de la crise du Covid, le traçage a été largement utilisé dans des pays comme la Chine, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Israël. Pour l'heure, le traçage n'est pas la fonction première des smartphones, mais chacun est parfaitement au courant de ces nouvelles possibilités qui lui sont attribuées. Et dès lors que nous achetons un nouveau portable, c'est en conscience que nous nous approprions un outil qui violera la sphère de la vie privée.


On pourrait également évoquer les cookies sur internet : ces petits programmes qui s'installent dans nos ordinateurs pour permettre aux sites visités de nous reconnaître. Seulement, ces programmes permettent beaucoup plus que cela et encore une fois, violent largement notre espace d'intimité... en toute connaissance de cause !


On pourrait continuer l'énumération de ces technologies qui ne masquent plus leur aspect contraignant, mais les temps qui viennent se chargeront de le faire...


On assiste à un double mouvement. Le premier consiste, par la séduction et la convoitise, à faire entrer dans notre sphère d'intimité des technologies intrusives.


Le système s'épargne ainsi le « mauvais rôle » d'aller lui-même extorquer des informations, des données, des renseignements que l'individu peut et va de lui-même lui fournir Il permettra également au système l'intrusion sans effraction dans la sphère privée. C'est le mode opératoire de tout système totalitaire : tenter d'arracher l'adhésion au plus grand nombre, et pour le reste, utiliser la force et la contrainte (bien que les premiers soient également contraints mais par la séduction !).


En parallèle de cela, il y a mise en place d'un réseau de technologies qui n'ont, elles, d'autre objet que la contrainte : les caméras de surveillance, les systèmes de reconnaissance faciale, les passes sanitaires et passes de tout ce qu'on voudra, (automobile, carbone...), la surveillance par drones, l'identité numérique, le « wallet », etc.


Aujourd'hui, tous ces dispositifs de contraintes s'affirment de façon totalement décomplexée, car justifiés par la crise qui a été, sinon créée, en tout cas exploitée et largement prolongée, (selon les recommandations de Schwab et Malleret !).


Et pour que l'individu accepte ce nouveau dispositif actif de la contrainte, ce dernier est également accompagné d'un message de propagande. Non plus de publicité, car il ne s'agit plus de séduire, mais un message destiné à justifier l'injustifiable. Ce slogan est que, certes, il y a usage de méthodes et de moyens intrusifs, mais que seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher ont à redouter cette « transparence ».

Note

1- Le gouvernement chinois a déjà mis en place un algorithme qui, dans le cadre de la surveillance des populations ouïghoures, permet de détecter les individus qui tentent d'échapper à la surveillance continue en éteignant leur téléphone portable trop fréquemment.

"Le temps des grands bouleversements" de Pierre-David Thobois est disponible dans notre boutique en ligne :

https://www.associationkeren.com/product-page/le-temps-des-grands-bouleversements

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