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Arieh Barzilaï, pionnier du désert au kibboutz Magen


Les premiers kibboutz dans le désert du Néguev n'ont commencé à se développer qu'à partir de 1943. La sécheresse et la stérilité du sol sont un défi colossal pour les jeunes pionniers qui décident de tout abandonner pour tenter l'aventure du refleurissement du désert. Barzilaï fut l'un d'entre eux. Il fut membre fondateur du kibboutz Magen dans la région d'Eshkol, près de Gaza. Nous l'avons rencontré dans les anciens bâtiments du kibboutz reconvertis aujourd'hui en musée.



"Je suis né en Roumanie. J'avais 16 ans lorsque la guerre s'est terminée. La question qui se posait pour nous concernait notre avenir. Que devions-nous faire ?


Nous avons décidé de partir pour la Palestine. Notre bateau est parti juste après l'Exodus. Mais, arrivés à Haifa, il a été arraisonné par la marine anglaise et nous avons été déportés vers les camps de Chypre. Je suis resté un an là-bas. Et puis les anglais nous ont laissé partir. En arrivant en Palestine, à nouveau nous avons rejoint des camps qui intégraient les nouveaux immigrants. Mais nous qui étions jeunes, nous avons voulu aller au Kibboutz. Nous connaissions l'idéologie du kibboutz, mais nous n'y avions jamais mis les pieds.


On m'a proposé le kibboutz Yad Mordehaï au nord de Gaza. J'y suis resté pendant un an. Ce kibboutz avait été créé en 1944, mais pendant la guerre d'indépendance, les égyptiens l'avaient occupé. Lorsque la Hagana a repris le contrôle du village, les habitants sont revenus y vivre. C'est alors que nous sommes arrivés."




Après un an passé là-bas, Arieh et ses amis se voient proposer de devenir membres du kibboutz. Mais l'esprit de l'aventure et le désir de créer quelque chose de leurs propres mains les amène à refuser. Ils partent donc vers le sud et trouvent un endroit désertique, stérile et abandonné. C'est exactement ce que ces jeunes idéalistes pleins de feu recherchent : un défi à la hauteur de leur fougue.


C'est au mois d'août 1949, alors que le soleil implacable brûle la terre et les hommes, que ces nouveaux pionniers dressent leurs tentes. Ainsi nait au milieu de nulle part le nouveau kibboutz : Magen.


"Il n'y avait ni route, ni eau, ni électricité... il a fallu tout construire. Nous allions chercher de l'eau en camion aux kibboutz les plus proches dans les premiers temps.

Nous avons commencé à construire des baraquements en planches. Il n'y avait bien évidemment pas de climatisation à l'époque, alors on essayait de "bricoler" des systèmes pour rafraîchir les intérieurs."


La proximité de la bande de Gaza a été depuis les débuts un facteur de risque, et ce, jusqu'à ce jour, puisque le kibboutz a durant les dernières années, subi comme beaucoup d'autres villages limitrophes la terreur des qassams tirés par le Hamas.


"Pendant les premiers mois de la construction du kibboutz, les femmes et les enfants étaient restés à Yad Mordehaï. Nous les visitions une fois par mois. Je me souviens lorsque nous retournions au kibboutz. Le petit chemin traversait un nahal (une rivière à sec). Nous descendions alors tous des camions, et à quatre pattes, les uns à côté des autres, munis de tiges en fer, nous cherchions les mines que les fedayims venus de Gaza ne manquaient rarement de déposer. C'était ainsi à chaque fois."


Depuis plus de 60 ans, le kibboutz a bien changé. Arieh admet que les mentalités ont évolué :

"Autrefois nous travaillions partout là où on nous demandait. Mais aujourd'hui, une personne à qui le kibboutz a payé 5 ou 7 ans d'étude ne travaillera pas à n'importe quelle tâche. Et c'est normal, sinon cela représenterait une perte financière pour le village. Le temps de la création à partir de rien est terminé. Il faut s'adapter. Aujourd'hui, c'est le temps de développer ce qui a été établi autrefois.

Nous avons fait notre part. Aux nouvelles générations de continuer. C'est un nouveau défi."

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